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Brèves du mercredi #16

Les brèves sont de retour, avec, au programme aujourd’hui, deux bandes dessinées qui parlent de maladie. La première traite de la dépression et la deuxième de l’épilepsie. Deux maladies différentes, avec ici un traitement assez proche, puisqu’il s’agit de deux témoignages, poignants.

Chute libre  : carnets du gouffre est le témoignage de Mademoiselle Caroline, qui, après la naissance de son premier enfant, glisse lentement dans la dépression. Son récit retranscrit bien les différentes étapes de sa maladie, de ses premières prises de conscience à l’acceptation d’être malade, les hauts et les bas qui ponctuent son chemin. Les propos sont très clairs, le ton de Mademoiselle Caroline est touchant, parfois drôle et sonne toujours très juste.

Ici pas d’apitoiement, mais un petit livre qui veut déculpabiliser les malades, et poussera certainement leurs entourages à réfléchir un peu plus à leurs réactions. Certains dessins ont été réalisés spécialement pour cet album, mais d’autres ont été réalisés pendant les périodes plus sombres de sa dépression, ce qui rend la bande dessinée encore plus forte. Que l’on soit touché ou non par cette maladie, La chute libre est une bande dessinée agréable qui parlera à tout le monde et dont on se souvient !

Dans La Parenthèse d’Elodie Durand, pas de trace d’humour, le ton est plus sérieux. A travers le personnage de Judith, Elodie Durand livre le récit de son combat contre la maladie qui lui gâche la vie. Apparues petit à petit les absences et malaises de Judith prennent de plus en plus de place dans son quotidien, jusqu’au diagnostic d’une tumeur au cerveau.

Il s’agit bien ici du récit d’un combat, d’une bataille pour guérir, pour aller mieux, pour retrouver des souvenirs, des instants disparus. Judith doit, même une fois la maladie écartée, faire un long chemin pour retrouver qui elle est, qui elle veut être et qui elle a été. Les dessins sont explicites, très clairs sur ce que l’auteur souhaite exprimer. On ne peut pas rester indifférent face à cette parenthèse, une bande dessinée dure parfois, mais très forte et touchante, où l’auteur se livre pour se libérer.

Lisa

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Tranches de vie en bande dessinée

J’ai réfléchi longtemps avant de trouver un titre pour cet article. Je voulais en effet traiter des bandes dessinées qui avaient pour sujet des « vies réelles », mais pas forcément des biographies. Je m’explique : on peut effectivement trouver des bandes dessinées retranscrivant des biographies, mais il y en a aussi qui présentent des vies « réelles » romancées. C’est pourquoi j’ai intitulé cet article « Tranches de vies », et non pas biographies.
Vous trouverez ici des bandes dessinées sur des gens « connus », et d’autres, un peu moins.

Assez bavassé, entrons maintenant dans le vif du sujet.

Pour commencer, je vous présente le 1er tome de Pablo, Max Jacob. Il s’agit de la présentation du quotidien de Pablo Picasso, fraîchement arrivé à Montmartre. Dans ce premier tome, on y découvre sa rencontre avec Max Jacob (artiste pluridisciplinaire : peintre, poète, essayiste,…). Mais aussi avec Gertrude Stein, artiste aussi, mais plus connue pour sa collection personnelle très imposante d’œuvre d’art, qui permit entre autre à la diffusion du cubisme. Puis n’oublions pas Fernande, le premier grand amour de Pablo, qui narre ici l’histoire.

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Portugal – Cyril Pedrosa

Résumé éditeur :

La vie est grise. Simon Muchat, auteur de bandes dessinées, est en panne d’inspiration et son existence est en perte de sens. Invité à passer quelques jours au Portugal, il retrouve par hasard ce qu’il n’était pas venu chercher : les odeurs de l’enfance, le chant des rires de vacances, la chaleur lumineuse d’une famille oubliée – peut-être abandonnée. Quel est le mystère des Muchat ? Pourquoi Simon se sent-il de nulle part ? Et pourquoi, sans rien comprendre de cette langue étrangère, vibre-t-il à ses accents ? Des réponses et d’autres questions l’attendent au cours de ce voyage régénérateur. Ancré dans son passé gommé, Simon pourra enfin retracer sa propre trajectoire.

Mon avis :

Cette bande dessinée est un pavé, un ouvrage lourd, qui  contient beaucoup de pages, mais surtout beaucoup d’histoires, de sentiments, de réflexion.

Portugal est un récit sensible sur les origines et la filiation et toutes les difficultés qui entourent le passé. L’auteur nous mène à la rencontre de Simon, un trentenaire en manque de motivation que ce soit sur le plan professionnel ou personne. Peu à peu, il glisse dans la torpeur se laisse porter par le quotidien sans jamais accepter de s’engager dans quoi que ce soit.

Une invitation à un mariage, anodine de prime abord, lui servira de déclic pour partir à la découverte de son passé familial et de lui-même. Ce passé, il l’avait oublié par manque d’intérêt, parce que pour lui ce n’était pas important. Petit à petit ce voyage au Portugal, qu’il entreprend un peu à l’aveuglette, va le transformer, lui révéler bien plus que ce qu’il espérait.

L’illustration peut paraître au départ un peu brouillonne, nonchalante, elle est en fait très riches en détails oscillant entre réalisme et onirisme, nous entrainant dans l’univers de Simon, à travers la France et le Portugal. Les couleurs sont parfois vives, parfois pastelles et changent en fonction des atmosphères, pour notre plus grand plaisir.

Cyril Pedrosa est une vraie révélation, pour moi, j’avais déjà lu Trois ombres que j’avais apprécié, et je suivrai maintenant cet auteur de près !

Lisa


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Kiki de Montparnasse et Olympe de Gouges, Catel et Bocquet

Si vous n’avez pas encore trouvé toutes vos idées de cadeaux pour noël, ces deux bandes dessinées pourraient faire des heureux.

La bande dessinée à beau être parfois considérée uniquement comme une source de divertissement, Catel et Bocquet nous prouvent que l’on peut y apprendre beaucoup sans déplaisir, bien au contraire. Les deux auteurs unissent leurs talents pour nous offrir deux bandes dessinées biographiques. Elles retracent chacune le destin d’une femme autour de laquelle l’Histoire s’est faite.

La première des deux BDs nous amène dans la vie de Kiki de Montparnasse qui fut une célèbre modèle et maîtresse d’artistes pendant l’entre-deux-guerres.Elle fréquentera par exemple Modigliani, Man Ray ou Henri Broca.

Dans le deuxième opus, le lecteur découvre Olympe de Gouges, femme de lettre française, qui finira guillotinée, pendant la Révolution Française, après avoir menée une vie riches en rebondissements.

Kiki comme Olympe sont des femmes fortes, parties de rien, elles veulent croire que le meilleur les attend. Et même si leur destin termine tragiquement, leur force de caractère les amènera à côtoyer les grands hommes de leur époque et à changer le monde à leur manière.

Ce sont des ouvrages imposants, mais l’écriture fluide et le dessin expressif les rendent lisible facilement, le lecteur étant emporté de page en page, d’années en années. Les deux auteurs nous font voyager dans l’histoire dressant le portait de la société française à différentes époques.

Le pari est réussi, à chaque fois, la biographie est très complète sans être indigeste, et les notices biographiques en fin d’ouvrage permettent de mieux s’y retrouver dans une galerie de personnages très fournis. Il ne faut pas se laisser impressionner par le nombre de pages, en effet le destin hors du commun d’Olympe de Gouges et de Kiki de Montparnasse mis en lumière par le talent des auteurs nous fait bien vite oublier le poids du livre.

Avant la lecture, je ne connaissais aucun détail de la vie de ses deux femmes. Je peux aujourd’hui dire que j’ai appris beaucoup sur ces deux femmes, féministes avant l’heure.

Lisa