Calokilit

Nathalie lit, Lisa aussi, c'est Calokilit !


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Little Tulip – Jérôme Charyn et François Boucq

Résumé éditeur :
Emprisonné en même temps que ses parents, c’est à l’âge de sept ans que Pavel a découvert l’enfer du goulag. Séparé des siens, il a dû apprendre à survivre seul. Quelques années plus tard, il connaît bien les règles qui régissent son univers: la violence permanente, l’incurie des gardiens, la toute-puissance des chefs de gangs,… Il sait que s’adapter et s’endurcir ne suffisent pas. Grâce à ses talents de tatoueur, il obtient la protection de Kiril la Baleine, le plus cruel des caïds. Mais s’allier avec le diable a toujours un prix…

Mon avis :

Cette BD oscille entre deux époques. D’un côté les années 70, où Paul, tatoueur de grand talent, est aussi dessinateur de portrait robot pour la police de New York et de l’autre, la fin des années 50 où Pavel (puisque tel était son nom à l’époque), encore enfant, était déporté avec ses parents dans un goulag sibérien. C’est cette opposition entre les deux Paul/Pavel qui fait, pour moi, la force du récit. L’enfant et l’adulte se répondent, le lecteur suit leur évolution à tous les deux, l’un expliquant le caractère de l’autre.

Le récit est sombre, que ce soit au goulag ou à New York, le personnage principal semble englué dans son passé, dans les horreurs qu’il a vu. Ici peu d’espoir et pourtant, tant de lumière dans le dessin ! Avec François Boucq chaque planche devient un véritable plaisir pour les yeux, avec un dessin tout en nuances et dans couleurs magnifiques. L’intrigue est assez simple, mais passionnante, entre action, sentiments et rebondissements, difficile de ne pas y trouver son compte.

La fin pourra en laisser certains perplexes, pour ma part, j’ai apprécié ce dernier rebondissement, avec une morale, un peu comme dans un conte.

Une BD grand public de très grande qualité.

Lisa

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Roman de vacances. #5 L’écho des morts – Johan Theorin

Résumé éditeur :
Joakim et sa femme Katrine ont décidé de quitter Stockholm pour s’installer dans une vieille ferme sur l’île d Öland. Katrine et les enfants s’y installent alors que Joakim achève l’année scolaire au collège où il enseigne.
Après la noyade accidentelle de Katrine, Joakim sombre dans une profonde dépression. En faisant des travaux dans la maison, il tombe sur des inscriptions mystérieuses. Il apprend alors que dans le passé, les habitants de la ferme ont souvent été victimes d’accidents mortels. Les inquiétantes légendes d’Öland refont surface et Joakim se prend à imaginer qu’à l’instar d’autres esprits, Katrine pourrait revenir.
Le suspense s’épaissit. D’étranges cambriolages en série surviennent sur l’île. La jeune policière Tilda Davidsson qui mène l’enquête a bien du mal à dénouer tous ces fils qui s’entrecroisent.
 

74435242_pMon avis :

Avec L’écho des morts, j’ai lu mon premier roman policier suédois (par ailleurs qui a obtenu le prix du meilleur roman policier suédois). Une très bonne surprise au demeurant !

Il nous présente une enquête d’un autre genre, aux limites du fantastique. Sur l’île où se déroule l’action, les habitations ont une mémoire. La mémoire des gens morts sur l’île dans le passé. Ces « âmes errantes » communiquent avec les vivants, à leur manière. Katrine, morte noyée dans la mer, sans raison apparente, n’échappe pas à cette règle. La thèse de l’accident est avancée. Joakim, son mari, n’arrive pas à y croire. On se retrouve donc au coeur d’un drame familial, qui nous emporte dans les méandres du passé, et des légendes qui accompagnent l’île.

L’intrigue est extrêmement bien ficelée, nous laissant toujours dans le doute, et le dénouement surprenant, et inattendu. L’île est personnifiée, comme une vieille dame avec ses humeurs et ses colères, au travers des aléas climatiques. La vieille grange de Joakim prend également vie, au contact des morts qui hantent les lieux, encouragés par les vivants et par leur mémoire.
A la lecture de ce livre, on frissonne, grâce à l’ambiance particulière qui se dégage au fil des pages. Les paysages sont merveilleusement bien décrits, et prennent une importance certaine dans la mise en place de l’intrigue.

Je ne vous en livre pas plus, et espère que vous aurez envie de lire ce roman.

 

Nath à livres

 

 


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Roman de vacances. #3 Un peu plus loin sur la droite – Fred Vargas

Pour les trois derniers romans lus au cours de mes vacances, il s’agira de policiers, de genres très différents. C’est parti !

 
Résumé éditeur :
En planque sous les fenêtres de l’appartement du neveu d’un député, place de la Contrescarpe, Kehlweiler avise soudain une drôle de chose sur la grille d’un arbre. Un petit déchet blanchâtre au milieu d’excréments canins. Pas de doute, c’est un os. Et même un os humain… Naturellement, lorsque Kehlweiler apporte sa trouvaille au commissariat du 5e arrondissement, les flics lui rient au nez. Mais ce petit bout d’os l’obsède tellement qu’il abandonne ses filatures parisiennes et suit une piste jusqu’à Port-Nicolas, un village perdu au bout de la Bretagne. Là vit un pit-bull. Une sale bête, qui avalerait n’importe quoi. Y compris un bout de cadavre. Reste à trouver le cadavre. Et l’assassin…
 

Un peu plus loin sur la droiteMon avis

De Fred Vargas, j’ai lu de nombreux romans. Et je ne m’en lasse pas ! Un peu plus loin sur la droite ne déroge pas à la règle.

Pour le coup, vous ne trouverez pas l’éternel Adamsberg, mais Louis-Ludwig Kehlweiler, et son animal de compagnie, un crapaud nommé Buffo. Louis est un ancien inspecteur du ministère, fraîchement renvoyé de son poste. Il continue de mener des enquêtes de son côté, « à bord » de bancs parisiens qu’il utilise comme observatoire. Jusqu’au jour où il trouve un petit os, et décide de trouver à qui il appartenait, et se met à chercher un cadavre, en Bretagne, et de fait, son meurtrier.
De son ancien poste, il conserve des archives conséquentes et minutieuses, qui lui serve pour ses enquêtes. Il conserve également son réseau d’indicateurs, au cas où…

Encore une fois, Fred Vargas nous tient en haleine tout le long de son récit, nous surprenant encore. Elle donne à ses personnages des traits de caractères intéressants, les rendant très humains et attachants, bourrés de petites manies.
L’enquête est menée dans un petit village, où tout le monde se connaît. Cela pose une atmosphère de doutes, et fait l’effet d’une sorte de huis clos, où finalement, tout le monde pourrait bien être le coupable.

Envie d’un policier ? N’hésitez pas !

Nath à Livres


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Nola – Gorak, Cothran et Couceiro

Résumé éditeur :

La vengeance porte un nom de femme. A la Nouvelle-Orléans, dans la ville dévastée, juste après le passage du cyclone Katrina, une jeune femme se réveille seule, dans un hôpital. Totalement défigurée, elle comprend qu’on l’a laissée pour morte. Nola, elle s’appelle, et sa seule raison de vivre : La vengeance ! Ceux qui l’ont abandonnée vont payer… Désormais sans visage, elle est aussi sans pitié. Et dans une ville où le crime et le chaos règnent, comptez sur elle pour être implacable.

Mon avis :

J’ai emprunté cette bande dessinée un peu par hasard à la médiathèque, attirée par la couverture, avec cette femme au regard perçant, mystérieux.

Nola, c’est l’histoire d’une vengeance, l’histoire d’une femme qui après avoir tout perdu décide que sa vie ne vaut plus grand chose si elle ne se venge pas. Ici pas d’éclaircie dans la tempête, le personnage principal est sans concession.

Le dessin m’a bien plu, l’histoire aussi. Mais j’ai trouvé que la narration manquait de nuances, pas de surprises, pas de subtilités. Le résumé nous promet une vengeance et c’est tout ce que le lecteur trouvera dans cette BD, pas plus, pas moins, et ce n’est pas pour moi suffisant. Nola pourrait être une figure forte, une femme émancipée, mais ici tout manque de profondeur. Une petite déception pour moi.

Lisa


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De la tendresse – Robert Cormier

Résumé éditeur :
Dans quelques jours, Eric Poole sera libéré du centre de détention pour mineurs où il a été incarcéré pendant trois ans pour le double meurtre de sa mère et de son beau-père. L’inspecteur Proctor pense qu’il a peut-être tué d’autres personnes, des jeunes filles, mais il n’a aucune preuve. Il est décidé à le surveiller de très près. Une autre personne va guetter les faits et gestes d’Eric. Elle s’appelle Lori. Elle a rencontré Eric une fois, le jour de ses douze ans. Elle pense qu’il lui a peut-être sauvé la vie, ce jour-là. Elle est en fugue mais elle ne quittera pas la ville avant de l’avoir revu. Elle est prête à l’aimer, elle l’aime déjà.

Mon avis :

De la tendresse c’est la rencontre entre deux jeunes gens perdus. D’un coté il y a Lori, adolescente en rébellion contre sa mère, son entourage, qui joue de ses charmes sans vraiment se soucier des conséquences. Et de l’autre, Eric, jeune meurtrier qui vient tout juste de sortir de maison de correction après avoir été reconnu coupable du meurtre d’une jeune fille. Entre eux va se tisser une relation étrange…

Robert Cormier est un auteur que j’aime beaucoup, vraiment beaucoup. Ces romans sont toujours dérangeants. De la tendresse ne déroge pas à la règle, il s’agit d’un roman coup de poing. Les personnages sont nuancés, parfois monstrueux, parfois naïfs, mais toujours attachants. Et c’est ce qui fait peur ! La jeune Lori s’attache à un tueur, le lecteur le sait dès le départ et même si j’ai eu peur pour elle je n’ai pu m’empêcher de la comprendre.

Ne cherchez pas dans ce roman un happy-end ou une belle morale, vous n’en trouverez pas ! Et ce n’est pas le but de l’auteur. De la tendresse transporte le lecteur, mais pas sur un long fleuve tranquille… plutôt en eau trouble.

Ce roman était un de mes meilleurs souvenirs de lecture de mon adolescence, il m’avait beaucoup marqué. Je l’ai relu récemment et je n’ai pas été déçue. Le texte est toujours aussi puissant ainsi que la mécanique narrative de l’auteur qui ne nous épargne rien de l’esprit tordu de ses personnages.

Un roman pour ados, mais que je conseille aussi beaucoup à des adultes !

Lisa