Calokilit

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Roman de vacances. #5 L’écho des morts – Johan Theorin

Résumé éditeur :
Joakim et sa femme Katrine ont décidé de quitter Stockholm pour s’installer dans une vieille ferme sur l’île d Öland. Katrine et les enfants s’y installent alors que Joakim achève l’année scolaire au collège où il enseigne.
Après la noyade accidentelle de Katrine, Joakim sombre dans une profonde dépression. En faisant des travaux dans la maison, il tombe sur des inscriptions mystérieuses. Il apprend alors que dans le passé, les habitants de la ferme ont souvent été victimes d’accidents mortels. Les inquiétantes légendes d’Öland refont surface et Joakim se prend à imaginer qu’à l’instar d’autres esprits, Katrine pourrait revenir.
Le suspense s’épaissit. D’étranges cambriolages en série surviennent sur l’île. La jeune policière Tilda Davidsson qui mène l’enquête a bien du mal à dénouer tous ces fils qui s’entrecroisent.
 

74435242_pMon avis :

Avec L’écho des morts, j’ai lu mon premier roman policier suédois (par ailleurs qui a obtenu le prix du meilleur roman policier suédois). Une très bonne surprise au demeurant !

Il nous présente une enquête d’un autre genre, aux limites du fantastique. Sur l’île où se déroule l’action, les habitations ont une mémoire. La mémoire des gens morts sur l’île dans le passé. Ces « âmes errantes » communiquent avec les vivants, à leur manière. Katrine, morte noyée dans la mer, sans raison apparente, n’échappe pas à cette règle. La thèse de l’accident est avancée. Joakim, son mari, n’arrive pas à y croire. On se retrouve donc au coeur d’un drame familial, qui nous emporte dans les méandres du passé, et des légendes qui accompagnent l’île.

L’intrigue est extrêmement bien ficelée, nous laissant toujours dans le doute, et le dénouement surprenant, et inattendu. L’île est personnifiée, comme une vieille dame avec ses humeurs et ses colères, au travers des aléas climatiques. La vieille grange de Joakim prend également vie, au contact des morts qui hantent les lieux, encouragés par les vivants et par leur mémoire.
A la lecture de ce livre, on frissonne, grâce à l’ambiance particulière qui se dégage au fil des pages. Les paysages sont merveilleusement bien décrits, et prennent une importance certaine dans la mise en place de l’intrigue.

Je ne vous en livre pas plus, et espère que vous aurez envie de lire ce roman.

 

Nath à livres

 

 

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Brèves du mercredi #10

Cette semaine, c’est manga et horreur… Je ne suis fan ni de l’un ni de l’autre, normalement. Mais j’ai été sensible au mélange des deux !

Les fruits sanglants – Junji Ito

Il s’agit d’un recueil de courtes histoires horrifiques. Les thèmes sont variés même si  la mort, le suicide reviennent souvent.Les personnages principaux sont souvent des adolescents, comme si le passage à l’âge adulte était forcément difficile, basculant souvent dans l’horreur.

Il y a, ici, du sang, de la terreur, de la perversion, beaucoup de manipulation, et même si certaines fins d’histoire sont un peu convenues, j’ai passé un bon moment. Il y a en vrac des vampires, des fantômes, un nécromancien, une secte, l’auteur explore vraiment beaucoup de figures de l’imaginaire collectif.

J’ai beaucoup aimé le format court, chacune des histoires se terminant de manière abrupte, laissant le lecteur seul face au dénouement.

 

Le berceau des esprits – Kei Sanbe

Ici, le pitch est simple : un groupe de lycéens est coincé dans un navire retourné en pleine mer. C’est leur voyage scolaire qui tourne au cauchemar. Ils sont perdus, désorientés, d’autant plus qu’un mystérieux psychopathe est coincé avec eux dans le navire, tuant, massacrant tout le monde sur son passage.

Ensemble les élèves survivants vont essayer de rejoindre la partie émergée du bateau, dans l’espoir de trouver du secours.  Déjà au départ leur groupe est déséquilibré et composé d’élèves ayant de grandes difficultés à s’entendre. La situation s’aggrave encore lorsqu’ils se rendent compte qu’il n’y a peut être pas un tueur mais plusieurs.

Dans Le berceau des esprits, pas de préambule, dès la première scène, le lecteur est dans l’action, et si il veut comprendre, il lui faudra continuer de lire. Tout comme les jeunes élèves, le lecteur est perdu, découvrant des indices, des informations en même temps que les suivants. C’est ce qui à mon sens fait la force de la série.

Il ne reste qu’à espérer que tout cela ne s’essouffle pas dès le deuxième tome. Affaire à suivre, donc.

Lisa


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Brèves du mercredi #6

Allez les vacances sont terminées, les brèves reprennent !

Aujourd’hui je vous parle de 2 romans pour ados, très courts, mais sur des sujets difficiles et bien traités.

Le garçon qui aimait les bébés
de Rachel Hausfater-Douïeb
 

Martin a toujours aimé les bébés, même si ces camarades de classe ont bien du mal à le comprendre. Il a même fait son stage de 3ème dans une crèche. Il comprend vite que ses camarades, ses professeurs même, ne comprennent pas bien son attrait pour les bébés, et n’hésitent pas à se moquer de lui. Peu à peu, il apprend à garder ça secret.

Au lycée, il rencontre Louise, dont il tombe amoureux, un amour partagé. Mais lorsque Louise tombe enceinte tout se brise. La jeune fille ne veut pas de ce bébé, Martin va donc devoir se battre pour avoir le droit, la chance de connaître cet enfant.

Le texte court et le récit poignant. Martin est vraiment très attachant, c’est lui qui nous raconte son histoire, avec ses mots. Il nous transmet sa détresse, son incompréhension et sa douleur de ne pas être compris. L’histoire peut paraître simple, prévisible, mais ce n’est pas le cas, tout est en subtilité. Lu d’une traite, j’ai eu du mal à ne pas me laisser submerger par mes émotions. Un très bon roman choc.

La fille mosaïque
de Régine Detambel

C’est le jour de l’enterrement de Jean. Jean était l’amoureux de Laetita, au lycée, pendant la procession en l’honneur du jeune-homme, Laetita se souvient, de Jean, de ce qui lui est arrivé. Comment un lycéen, apprécié de tous, en est arrivé là, à se faire tuer en pleine rue, pris entre deux bandes rivales.

Le récit n’est pas linéaires, les souvenirs de Laetitia ne viennent pas en ordre chronologique, mais cela ne dérange pas la lecture.  Au contraire le portrait qu’elle dresse de Jean et d’elle même, forcément, est touchant, tout en n’épargnant pas les cotés sombres de chacun.

Au départ, j’ai trouvé le ton froid, impersonnel et il m’a fallut un peur de temps pour rentrer dans l’histoire. Mais le suspense est bien mené, et le lecteur voudra savoir ce qui s’est réellement passé. Les personnages sont parfois caricaturaux, avec des gentils et des méchants bien distincts, mais les dernières pages arrivent à nuancer tout cela.

J’ai vraiment apprécié ces deux lectures, que je risque de conseiller bien souvent à la médiathèque !

Lisa


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Le soleil et la mort – Elise Fontenaille

Résumé éditeur (citation ici) :

On cherchait l’endroit idéal, isolé, tranquille. Une nuit, j’ai eu l’idée : Irus ! L’île d’Anton était en vente depuis sa mort, mon père venait de trouver un acheteur, on ferait d’une pierre deux coups : on partirait dans un endroit génial, et après une histoire pareille, le type ne voudrait plus l’acheter, Irus… l’île du Bonheur serait à nous pour toujours.  Et le grand saut, on le ferait comment ?Là, Vlad a eu l’idée du siècle. En douceur, impossible à louper : il suffisait d’attendre la marée. Il avait fait fort le Prince des Ténèbres… un moyen aussi simple, je n’y aurais jamais pensé. Pas de sang, de violence, de boîte crânienne éclatée, ni de grosse langue noire ou de corps bleu pendu à une poutre.— Dommage, a dit Mishima qui aimait bien se la jouer gore.Il pensait déjà aux photos dans les journaux. Kim et moi, on aimait autant que ce soit clean, en plus on pourrait se regarder partir en se donnant la main, ce serait comme une estampe japonaise.

Mon avis :

Je suis tombée sur ce court roman au hasard d’un rangement dans la médiathèque. Le titre m’a intrigué, j’ai lu la citation de la quatrième de couverture qui m’a immédiatement convaincue de lire le reste du texte.

Le soleil et la mort, quel peut bien être le lien entre ces deux choses dans la tête d’Ulysse ? Et surtout qu’est ce qui peut le pousser à décider de mourir ?

Le roman est écrit à la première personne du singulier et j’ai réellement eu l’impression de lire une confession d’ado, un texte parfois froid, parfois dur, et d’autres fois empli de tendresse. Petit à petit, le lecteur s’attache à Ulysse, comprend sa douleur, mais surtout le lecteur se met à avoir peur pour lui, peur qu’il commette l’irréparable.

Les personnages qui entourent Ulysse peuvent sembler un peu caricaturaux, son père qui a du mal à prendre ses responsabilités, sa belle mère hostile, Kim, ado asiatique que son père refuse de laisser faire des études… Mais ça n’empêche pas le portrait d’être poignant. Et même si le dénouement ne m’a pas vraiment étonnée, j’ai pris plaisir à tourner jusqu’à la dernière page.

Voilà donc un roman très court, à peine 97 pages, mais riche en émotions. A lire à partir de 14 ou 15 ans, je dirai.

Lisa


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Vincent, mon frère mort vivant – Jean-Marc Mathis et Thierry Martin

Résumé éditeur :
Antoine a dix ans, un papa fossoyeur, une maman taxidermiste et un grand frère idiot qui est mort : Vincent. Mais à l’école, Antoine raconte à ses camarades que son frère est revenu d’entre les morts, qu’il habite au cimetière et qu’il mange des mouches. Antoine, incompris de tous, se réfugie tous les jours au cimetière. Avec son frère, ils visitent et s’amusent dans ce monde étrange et ludique qu’est le royaume des morts. Un jour où Antoine emmène sa copine Claire au cimetière, tout bascule. Vincent a disparu, une créature de cauchemar surgi de nulle part et Antoine se retrouve malgré lui prisonnier au royaume des morts.
 

Vincent, mon frère mort vivantMon avis :

Une bande dessinée que j’ai lu en très peu de temps, et qui m’a fait passer un bon moment. Le sujet n’est pas particulièrement original, mais il est plus ou moins bien mené ; même si par moment, notamment sur la fin, j’ai eu le sentiment qu’il fallait boucler rapidement la bande dessinée, en expédiant un peu les choses. La mort y est traitée avec humour, et de fait, est dédramatisée.

Les illustrations m’ont semblé un peu fades, les couleurs sont assez ternes et peu variées (peut être un choix aux vues du thème abordé). Malgré tout, le trait m’a plu.

Cette bande dessinée m’a fait rire grâce à un humour bien distillé, même si ce n’est pas la meilleure que j’ai lu. Je la conseillerai en priorité à des adolescents.

Un peu de temps devant vous ? Laissez vous tenter !

Nath à Livre


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Le testament d’un enfant mort – Philippe Curval

Résumé éditeur :
En 1978, Philippe Curval imagine le regard d’un nouveau-né sur un monde sans avenir.
XXIe siècle. Un mal mystérieux et incurable frappe les nouveaux-nés du monde entier : après quelques mois d’une maturation psychologique accélérée, l’enfant dépérit et meurt immanquablement.

Mon avis :

Le testament d’un enfant mort. Voilà un titre fort, un titre qui ne laisse pas indifférent. J’ai reçu ce livre dans le cadre de la Masse Critique de Babelio. Plutôt occupée la semaine de sa réception, il a passé quelques temps à trainer sur ma table basse, il y aura attiré pas mal de regard et pas mal de questions ! Ici pas de tromperie, il s’agit bien d’un testament, il s’agit bien d’un enfant mort, de son dernier témoignage.

Dans un futur proche, un mal mystérieux tue les très jeunes enfants. Un chercheur fait des expériences sur des enfants afin de trouver d’où vient ce mal. Enfin il conçoit un décodeur qui lui permet de capter ce qu’un nouveau né pense, dès son état embryonnaire. Son sujet d’étude, Camille Félix Trezel, va donc lui livrer, sans le savoir, ses pensées, jusqu’à la fin.

Le texte est divisé en deux grandes parties. Au début nous lisons les comptes-rendus du chercheur, dans lesquels il annonce avoir trouvé la réponse à ses recherches. Ensuite, nous plongeons dans la mémoire transcrite de Camille. Le texte peut sembler froid, surtout les premiers chapitres consacrés au chercheur. Mais l’immersion dans l’esprit de Camille m’a transportée. Je salue l’imagination et la rigueur de l’auteur dans la construction imaginaire de cet intellect. Au fil de la croissance du nouveau né, son esprit devient plus clair et avec la lucidité vient le mal-être, le dégoût pour le monde extérieur… Le portrait dressé est sans équivoque, impressionnant d’exactitude. Mais il y a aussi de beaux moments de poésie dans la manière dont Camille perçoit ce qui l’entoure.

Je ne connaissais pas Philippe Curval, après la lecture de cette nouvelle je pense que je vais essayer de le lire de nouveau. Le testament d’un enfant mort est un texte fort, dur mais vraiment approfondi pour un si petit volume. Une véritable immersion dans un esprit torturé.

Lisa