Calokilit

Nathalie lit, Lisa aussi, c'est Calokilit !


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Une dernière chance – Seita Parkkola

Résumé éditeur :
Elève difficile, Viiima est envoyé à l’Ecole de la Dernière Chance, véritable centre de redressement où il doit renoncer à tout. Mais que signifie le marquage des élèves ? Et cette rumeur sur une galerie de masques ? La lutte captivante d’un garçon ordinaire contre un pouvoir magique et tyrannique.

une-derniere-chanceMon avis :

Viima a 13 ans. Il a des dreadlocks, fait du skate, graffe un peu, sèche les cours, parfois. Il lui arrive de prendre le train, sans destination précise, juste comme ça.
Ses parents sont séparés. Sa maman crée des robes de mariée, qu’elle vend tant bien que mal. Son papa est cuisinier. Sa belle-mère est conseillère principale d’éducation à l’école de la dernière chance.
Dans cette école, des règles drastiques sont mises en place pour essayer de « sauver » les élèves difficiles. La délation y est de vigueur, la surveillance rapprochée aussi. Les adultes enferment les élèves dans un moule, en utilisant des méthodes plus que douteuses.
C’est dans cette école que la belle-mère de Viima va convaincre ses parents biologiques de l’inscrire. Son skate y est confisqué tout de suite, on lui impose une petite amie qui surveillera ses faits et gestes. On l’empêche, ainsi que tous les autres élèves, de s’exprimer, en gros, d’être lui-même.
Ce qui est étrange, c’est qu’au coeur de cette école aucun élève ne semble être lui même. Que se passe-t-il réellement dans cet établissement ? Pourquoi tous ces jeunes ados semblent des êtres sans vie, sans compassion, sans personnalité propre ?  Et ces masques, rangés dans la réserve, ces masques qui semblent vivants, à quoi servent-ils ? …
C’est ce que Viima va essayer de découvrir avec ses amis les brigands, les enfants des rues, ceux qui sont libres, ceux qui ont fuit.

Ce roman évoque de nombreux sujets délicats : la liberté d’être soi-même, d’expression, de penser. Finalement, la liberté au sens large. Mais aussi et surtout les relations adultes/enfants. La notion de révolte pour défendre ses idées est également fortement présente : au travers de la réaction d’une poignée d’enfants face au diktat des adultes. Le fait que l’auteur ne nous situe jamais le lieu géographique, ne nous donne jamais d’indice, rend toutes ces problématiques encore plus universelles.

J’ai dévoré ce roman. L’écriture est claire, et simple. Le narrateur, Viima, est très attachant. l’auteur a décidé qu’il s’adresserait directement à nous, créant un lien particulier. Puis toutes les questions que ces ados se posent, je pense que nous nous sommes tous posées les mêmes à un moment. Ce roman est profondément humain, sous la noirceur ambiante et la violence des adultes.
Une dernière chance a eut la pépite du roman ado européen 2011 (ce qui ne m’étonne pas hein).

A lire A-B-S-O-L-U-M-E-N-T !

Nath à Livres

Editeur : Actes sud junior
Collection: Romans ado
Février 2011

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Roman de vacances. #1 Les enfants du marais – Georges Montforez

Pendant mes vacances, j’ai été plutôt active niveau lecture. J’ai donc décidé de partager avec vous les six lectures que j’ai faites sous le joli ciel de Provence. J’ai eu de bonnes, et moins bonnes surprises.

Le premier de ma liste est Les enfents du marais, de Georges Montforez, déniché dans les caisses d’un bouquiniste.

Résumé éditeur :
Le marais n’est plus habité que par Ragris et Pignolle. L’un, peu gâté par la nature, père de trois enfants, est aigri et malheureux de son mariage ; dans le vin rouge – qu’il n’hésite pas à voler à son ami -, il tente de noyer sa rancoeur, et surtout de se rappeler sa première femme. L’autre, solitaire mais beau, généreux et discret, éprouve un amour secret pour Marie. Ragris et Pignolle ont pour amis le conducteur de train local, un ancien habitant du marais converti en industriel prospère, et un rêveur passif.
Ce premier roman de Montforez parle des petits bonheurs de la vie, d’amitié, de liberté et des espoirs de ces  » enfants du marais « , dont l’histoire a inspiré un film à Jean Becker.
 

l_montenfa65Mon avis :

Vous avez certainement, au cinéma, au chez vous, le film de Jean Becker, Les enfants du marais. Personnellement, je ‘lai vu et revu, et l’ai beaucoup aimé.

C’est pourquoi j’ai eu envie de lire le roman, même si j’appréhendais. Eh oui, je me disais que si jamais je n’aimais pas le livre, je serai dégoutée du film.
Eh bien bonne surprise ! Le roman est une bouffée d’air frais, à l’instar du film. Les personnages sont vrais, avec chacun leur vie décousue, abîmée. Un fort sentiment d’humanité se dégage de ce récit, une belle leçon de vie, même si chacun se débat avec ses propres désirs, et ses propres fantômes.
Ce qui a été dur dans la lecture, c’est de se défaire du film, un peu, pour imaginer les personnages différemment. Je n’y suis pas arrivée, et cela m’a dérangée de voir les acteurs dans la peau  de pépé la grenouille, Amédée, Ragris, Pignolle, …

Mais je le redis, une bouffée d’air frais : les parties de pêches, les jeux des enfants, la chasse à l’escargot, la cueillette du muguet, des amitiés sans faille et sincère…
Il aurait été intéressant de lire cet ouvrage sans avoir vu le film, pour garder l’imaginaire en action, non entravé. M’enfin, j’ai quand même pris grand plaisir à dévorer ce roman, et je le conseille sans retenue : les leçons enseignées y sont belles, empreintes d’un idéal louable, et redonnant fois en l’être humain !

Précipitez-vous !

Nath à Livres


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On a mangé Zidane, Trilogie Urbaine T.1 – Sylvain Ricard & Didier Maheva

Résumé éditeur :
Dans une grande ville, l’histoire de trois personnes qui se côtoient sans jamais se voir et qui vivent chacune un petit drame. Ce volume raconte l’histoire de Vincent, un jeune homme mélancolique qui habite avec sa famille dans une cité-dortoir et travaille dans un fast-food. Son seul plaisir est de retrouver le soir dans sa chambre ses animaux : poissons, souris, oiseaux et surtout Zidane.

9782352120728_cgL’ouvrage dont j’ai choisi de vous parler est très court, c’est pourquoi j’ai décidé de vous présenter également la collection dont il fait parti :
« La collection Lépidoptère propose des récits courts de 30 pages en guise de terrain d’expérimentation pour une kyrielle d’auteurs à découvrir ou à approfondir. Elle est un laboratoire influencé par les avant-gardes de la bande dessinée qui se sont développées tout au long des années 90. De jeunes auteurs débutants comme des auteurs déjà établis y proposent des expériences narratives dans le domaine de la bande dessinée. »

La BD :
On a mangé Zidane nous raconte, sobrement, en noir et blanc, d’un trait vif, la solitude d’un ado de banlieue, qui voudrait partir. Où ? Il ne sait pas, juste partir, avec son lapin, Zidane…

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C’est un récit court d’une trentaine de pages. La prouesse étant d’avoir réussi en si peu de cases, si peu de textes, de nous transmettre les (re)sentiments, les désirs de Vincent, ainsi que le malaise de vivre avec cette famille, qui « malheureusement », est la sienne. Son père ne supporte pas qu’il ait un lapin, il ne veut pas de « pédé » sous son toit, comme il se plaît à le répéter. Mais lui passe ses journées en caleçon, devant la télé. A croire que sa vie est si peu passionnante, que d’empêcher son fils de vivre comme il l’entend, et de fait, correctement, lui permet de passer le temps, même si aucun argument tangible n’accompagne ses prises de position.

J’attends maintenant de pouvoir lire les deux tomes suivants, et de voir comment les trois personnages des différentes histoires se côtoient sans le savoir. Quel sera le lien fait entre eux, et quels chevaux de bataille attaqueront les scénarios. On en reparlera !

A suivre …

Nath à Livres