Calokilit

Nathalie lit, Lisa aussi, c'est Calokilit !


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Automne – Jan Henrik Nielsen

Résumé :

Depuis plus de 6 ans, Nana et sa jeune sœur Fride vivent enfermées dans un bunker sur une île avec leur père. Tout ce qu’elles savent c’est qu’un virus a décimé les hommes et que la nature se meurt mystérieusement. Son père les a conduit dans ce bunker pour les protéger, alors que leur mère, médecin, est resté sur le continent en ville pour tenter de soigner les survivants.
L’enfermement leur pèse mais la peur de l’extérieur est plus forte. Lorsque leur père tombe malade, les deux sœurs vont devoir sortir pour essayer de rejoindre la ville et trouver des médicaments.

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé ce roman qui revisite les codes du roman de survie. Toute son originalité réside dans la manière dont le sujet est traité, ici pas de défaitisme, pas de roman noir, comme c’est souvent le cas dans ce style littéraire, au contraire le récit est lumineux ! Au cours de leur voyage Nana et Fride vont croiser rares survivants et toujours il subsistera une pointe d’espoir. Bien sur, la peur, l’inquiétude sont aussi présentes, le lecteur ne peut s’empêcher de s’inquiéter pour les deux enfants.

Faire connaissance avec ces deux sœurs est un plaisir, chacune apporte une dimension supplémentaire au récit. Nana est une jeune fille forte, voix de la raison, elleva devoir réapprendre beaucoup de choses, le monde a bien changé pendant ces quelques années. Obligée de s’occuper de sa jeune sœur, elle ne baisse jamais les bras, toujours prête à faire preuve de tendresse envers sa cadette. Fride a seulement 7 ans, de l’extérieur elle ne connait rien, elle va devoir tout découvrir, même si le monde, qu’elle voit pour la première fois, n’a plus grand chose à voir avec ce qu’elle lisait dans les livres du bunker.

Les descriptions sont très belles, très douces, j’ai vraiment eu l’impression de marcher au côté des deux héroïnes. A mon avis, on ne peut qu’être happé par l’ambiance qui se dégage de ce roman.


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Chroniques des ombres – Pierre Bordage

Résumé éditeur :

Après la guerre nucléaire, une pollution mortifère a confiné une partie de la population mondiale dans des mégapoles équipées de purificateurs d’air. Les capitales sont regroupées en Cités Unifiées : la plus importante, NyLoPa, réunit New York, Londres et Paris. La sécurité est assurée par une armée suréquipée de super détectives, les fouineurs. Soudain, dans toutes les villes et en quelques minutes, des centaines de meurtres sont perpétrés par d’invisibles assassins, les Ombres. On soupçonne la secte de la Fin des Temps d’en être à l?origine, mais l’enquête menée par les fouineurs va les plonger dans un enchevêtrement de complots et de luttes de pouvoir. Ils vont être entraînés hors des cités, dans le « pays vague », lieu de tous les dangers.

Mon avis :

J’ai reçu ce livre grâce à Babelio et Au diable Vauvert, merci à eux !

Déjà ce qu’il faut savoir c’est que Pierre Bordage est un des auteurs que j’apprécie le plus et depuis le plus longtemps. C’est aussi l’un des seuls dont je puisse dire que j’ai lu tous les livres. Voilà ça plante le décor quand à mon état d’esprit au moment où j’ai commencé ma lecture !

J’étais d’autant plus enthousiaste qu’au départ « Chroniques des ombres  » était paru sous la forme d’une série au format MP3, en 2008. Même si je n’avais pas écouté l’histoire dans sa totalité, j’étais bien convaincue que le début en serait palpitant ! Et quel plaisir après 4 ans de se retrouver enfin avec ce pavé dans les mains et une histoire entière.

Contrairement à ce que pourrait laisser penser la quatrième de couverture, l’histoire n’est pas centrée sur la vie dans les cités, puisque la narration est divisée en deux. Le lecteur suit le destin de deux personnages, d’un coté Ganesh, fouineur dans la cité de NyLoPa, et de l’autre Naja, jeune horcite vivant dans la « ville » de Trois Aubes. Un chapitre leur est consacré tour à tour, et à la manière d’un feuilleton d’antan, vous pouvez être sur que chaque chapitre laisse le lecteur en plein suspense.

Comme de nombreux autres romans de l’auteur (Wang, la Trilogie des prophéties ou Les derniers hommes), Pierre Bordage nous parle d’un avenir possible pour notre planète et pour l’humanité. Chroniques des ombres traitent donc de thèmes qui lui sont chers et qui sont récurrents dans son oeuvre (pour mon plus grand plaisir donc!). L’Humanité dans sa soif de grandeur ne va-t-elle pas se perdre ? Tout perdre ? L’abandon des individualités ne nous mène-t-il pas à notre perte ? Des questions que l’on retrouvait déjà dans Les guerriers du silence.

Je n’ai pas un point de vue très positif sur l’humanité qui m’entoure (quelle prétention dites donc!), mais les romans de Pierre Bordage, malgré leur noirceur parfois, sont toujours là pour m’apporter de l’espoir et un peu de foi en l’Homme. Ces romans me rappellent que personne ne doit baisser les bras, qu’il suffit parfois d’un seul individu pour renverser une situation qui semble sans issue.

Clairement, je n’ai pas été surprise par ces Chroniques des ombres, mais l’auteur, comme chaque fois, m’emporte auprès des ces héros. Pendant toute ma lecture j’ai vécu avec Ganesh, j’ai tremblé avec Naja, et même au bout de 750 pages, la nostalgie était bien là au moment de refermer ce livre. La narration est superbe, les événements s’enchaînent avec fluidité d’un bout à l’autre.

Encore une fois, le grand conteur qu’est Bordage m’a conquise, et comme des ces autres romans, je me souviendrai pendant longtemps de cette lecture… et surtout il y a de grandes chances que j’aille y remettre le nez dans les mois à venir !

Lisa

Mes autres critiques de romans de Pierre Bordage : Porteurs d’âmes, Mort d’un clone, L’évangile du serpent


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Elmer – Gerry Alanguilan

Résumé éditeur :

Octobre 2003. La vie de Jake Gallo est un enfer : il n’arrive pas à trouver de travail, son père vient de faire une crise cardiaque, son frère Freddie est devenu une star du cinéma; mais le plus difficile à avaler, ce sont les frasques sentimentales de sa soeur May, qui s’est mise en tête d’épouser… un humain. Car les Gallo, comme les autres poules et coqs du monde entier, sont subitement devenus conscients en 1979, au grand désarroi de l’espèce humaine. Suite au décès de son père, Jake va découvrir l’histoire de sa famille et de ce dernier, Elmer, qui appartient à la première génération de poulets à avoir dû apprendre à cohabiter avec les hommes.

Mon avis :

Si vous avez envie de lire une bande dessinée ambitieuse, si vous n’avez pas peur des récits d’anticipation, si vous êtes prêt à plonger dans un univers très prenant… Alors Elmer est fait pour vous. Oui, je suis très enthousiaste ! Mais Elmer est un coup de coeur, un vrai, un de ces livres auxquels on repense souvent et longtemps après l’avoir refermé.

Le pitch peut paraître légèrement difficile : des poulets qui gagnent tout d’un coup l’intelligence, la parole, voir l’humanité ? Le lecteur peut se demander où Gerry Alanguilan peut bien vouloir l’emmener. Surtout n’ayez pas peur, dans cette bande dessinée, il sera surtout question d’humanité, de psychologie et de construction de l’être.

Nous avons beau suivre la vie de poulets, Elmer présente une véritable chronique familiale, qui traite de mémoire, de transmission, de filiation, des sujets que j’affectionne grandement. Les relations entre les différents membres de la famille sont au cœur du récit. Jake se débat avec ses propres difficultés (chomage, peur, haine de l’autre…), mais doit aussi gérer ses relations conflictuelles avec son frère, devenu une star du grand écran, et apprendre à accepter la relation amoureuse de sa sœur avec un homme (par homme, j’entends un membre de l’espèce humaine).

L’autre grand thème du récit est, bien sur, le racisme. Comment deux espèces si différentes, qui historiquement avaient une relation de dominant/dominé, peuvent apprendre à vivre ensemble, à se respecter, à oublier les injustices passées. Il y a donc de véritables parallèles avec notre Histoire, avec les génocides, les guerres, les exclusions qui ont construit l’histoire de l’Homme. Et c’est avec ces événements difficiles que Jake va devoir se construire et apprendre à composer.

A la lecture d’Elmer, j’ai été très émue, certains passages sont durs, d’autres touchants. Gerry Alanguilan nous emporte avec lui dans cet univers différent du notre par certains points et pourtant très proche… C’est la grande réussite de cette bande dessinée, Gerry Alanguilan signe un récit intelligent, un ovni peut-être, mais un petit bijou surtout. Une chose est sure, on ne ressort pas de cette lecture sans en garder quelque chose ! Et j’ai hâte d’être à noël pour en trouver un exemplaire sous le sapin !

Une petite citation pour la route :

« C’était comme si quelqu’un avait allumé la lumière. Comme si je m’étais réveillée après un long sommeil, sans me rappeler qui j’étais, où j’étais… et quelle heure il était.
Je ne savais pas grand chose en fait, sauf que j’avais faim. Comme si j’avais toujours eu faim.
Je voulais manger et ce désir me consumait toute entière.
Puis les hurlements ont fusé. Des cris d’horreur, atroces. »

Lisa


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Rainbow warriors – Ayerdhal

Résumé éditeur :
Mis à la retraite sur requête du bureau ovale, le général de division Geoff Tyler se voit proposer par l’ancien secrétaire général des Nations Unies de prendre la tête d’une armée privée financée par des célébrités de toutes obédiences.
Objectif : renverser le dictateur d’un État africain et permettre la tenue d’élections en bonne et due forme. Ses moyens : l’argent n’est pas un problème. Son effectif : un encadrement d’une centaine de professionnels et 10 000 soldats dont il faut parfaire la formation.
Jusqu’ici tout va bien. Il y a toutefois un détail.
Cette armée est presque exclusivement constituée de LGBT. Lesbian, Gay, Bi, Trans.

Mon avis :

Le pitch a l’air fou, et parfois la folie a du bon, c’est le cas, ici, pour ce roman transgenre (c’est le cas de le dire) d’Ayerdhal. A partir d’un scénario fantaisiste, Ayerdhal nous offre une critique acérée de notre société capitaliste. Alors que l’on aurait pu craindre des personnages caricaturaux, la finesse est de mise avec des personnalités attachantes, des faux-semblants, des psychologies profondes.

Il n’y a pas de farce dans ce récit, qui traite de géopolitique, de stratégie, d’économie et encore plus d’égalité entre les hommes. Les sujets explorés sont au cœur de notre actualité, bien qu’exacerbés. De l’identité sexuelle, à la lutte humanitaire, en passant par une réflexion politique poussée, le panel est large.

Il ne faut pas hésiter à dépasser le résumé éditeur, qui peut effrayer, pour ainsi mieux laisser sa chance à ce roman, attachant, au contenu très riche, qui fait réfléchir le lecteur plus qu’il ne le croit au départ. D’Ayerdhal, je n’avais lu que de la SF, ce fut vraiment une découverte pour moi que de lire ce thriller, riche, très rythmé aussi. De quoi me donner enfin d’en lire encore !

Lisa


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Le testament d’un enfant mort – Philippe Curval

Résumé éditeur :
En 1978, Philippe Curval imagine le regard d’un nouveau-né sur un monde sans avenir.
XXIe siècle. Un mal mystérieux et incurable frappe les nouveaux-nés du monde entier : après quelques mois d’une maturation psychologique accélérée, l’enfant dépérit et meurt immanquablement.

Mon avis :

Le testament d’un enfant mort. Voilà un titre fort, un titre qui ne laisse pas indifférent. J’ai reçu ce livre dans le cadre de la Masse Critique de Babelio. Plutôt occupée la semaine de sa réception, il a passé quelques temps à trainer sur ma table basse, il y aura attiré pas mal de regard et pas mal de questions ! Ici pas de tromperie, il s’agit bien d’un testament, il s’agit bien d’un enfant mort, de son dernier témoignage.

Dans un futur proche, un mal mystérieux tue les très jeunes enfants. Un chercheur fait des expériences sur des enfants afin de trouver d’où vient ce mal. Enfin il conçoit un décodeur qui lui permet de capter ce qu’un nouveau né pense, dès son état embryonnaire. Son sujet d’étude, Camille Félix Trezel, va donc lui livrer, sans le savoir, ses pensées, jusqu’à la fin.

Le texte est divisé en deux grandes parties. Au début nous lisons les comptes-rendus du chercheur, dans lesquels il annonce avoir trouvé la réponse à ses recherches. Ensuite, nous plongeons dans la mémoire transcrite de Camille. Le texte peut sembler froid, surtout les premiers chapitres consacrés au chercheur. Mais l’immersion dans l’esprit de Camille m’a transportée. Je salue l’imagination et la rigueur de l’auteur dans la construction imaginaire de cet intellect. Au fil de la croissance du nouveau né, son esprit devient plus clair et avec la lucidité vient le mal-être, le dégoût pour le monde extérieur… Le portrait dressé est sans équivoque, impressionnant d’exactitude. Mais il y a aussi de beaux moments de poésie dans la manière dont Camille perçoit ce qui l’entoure.

Je ne connaissais pas Philippe Curval, après la lecture de cette nouvelle je pense que je vais essayer de le lire de nouveau. Le testament d’un enfant mort est un texte fort, dur mais vraiment approfondi pour un si petit volume. Une véritable immersion dans un esprit torturé.

Lisa


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Plaguers – Jeanne A.Debats

Résumé éditeur :
La terre est épuisée écologiquement, les animaux se sont éteints et l’air est à peine respirable. Seul atout de l’humanité : les réacteurs Alyscamps qui puisent l’énergie dans les dimensions non exprimées de la réalité.
Dans ce monde les adolescent sont victimes d’une étrange maladie, la Plaie, qui les rend capables de créer ex nihilo, semble-t-il, toutes sortes de créatures, voire de commander aux éléments.
Le monde les rejette.
Quentin est un Plaguer, sous ses pieds jaillissent des sources, et celle qu’il aime, Illya, fait fleurir les orchidées partout où elle passe. Ils se rencontrent lors de leur incarcération dans la Réserve parisienne…

Mon avis :

Plague en anglais veut dire peste, et donc plaguers pestiférés.

Dans ce futur proche, l’Humanité a détruit la quasi totalité des ressources que la Terre lui donnait, se condamnant elle-même à survivre sur une terre hostile. La réaction de la nature à cette destruction semble être l’apparition des plaies, ces manifestations fantastiques qui touchent une partie de la population à partir de l’adolescence. Quentin et Illya sont de ceux là. Rejetés par tous, souvent même par leurs proches, ils vont devoir apprendre et réapprendre à vivre ensemble et à s’accepter.

Dans ce roman Jeanne A. Debats parle de différence et d’acception  sous toutes ses formes. Les plaguers ne rêvent souvent que d’une chose se faire accepter du monde « extérieur », mais même entre eux ils doivent apprendre à s’accepter. Quentin, par exemple, est plutôt chanceux, produire des sources n’est pas pour lui un très grand handicap. Que dire par contre de Leïla, entourée de serpents, ou d’un adolescent qui peut contrôler les hormones de ses camarades. Les jeunes exclus, accompagnés des Uns et des Multiples (vous découvrirez bien assez tôt qui ils sont), vont finalement avoir un rôle très important à jouer qui bouleversera leur manière de voir leur monde.

Dans l’univers de Plaguers les personnages sont fouillés, rarement tout blanc ou tout noir, l’auteur nous amène à les voir sous des jours différents au fil du roman. Chacun a des choses à apporter aux autres. C’est un très bon roman de science-fiction, mêlant habilement histoire d’amour, mystère et conte sur la différence.  J’ai été tenue en haleine jusqu’à la dernière page.

J’ai du mal à évaluer s’il s’agit plutôt d’un ouvrage pour la jeunesse ou les adultes, il me semble qu’il plaira autant aux ados à partir de 13 ans qu’aux adultes amateurs de fantastique et d’anticipation.

Un très bon moment de lecture.

Lisa


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Littératures de l’imaginaire

Si vous avez envie de vous évader, de découvrir d’autres mondes, de croire en des choses qui n’existent pas, les littérature de l’imaginaire sont là !
Que ce soit la science-fiction, le fantastique ou bien la fantasy, les littératures de l’imaginaire ouvrent des portes dans toutes les directions. Des robots ? Il y en a! Des dragons aussi. Que vous rêviez de voyager dans le futur ou bien de ré-écrire l’histoire, vous pouvez aussi y trouver votre compte.
Voici donc une petite sélection de romans, pas forcément récents, mais qui m’ont plus au cours de ces dernières années.
 

La chronique des immortels – Wolfgang Hohlbein

Dans cette grande saga de fantasy noire, Andrej Delãny se lance à la poursuite moines de l’Inquisition et de mystérieux guerriers d’or qui ont dévastés son village avant d’en tuer tous les habitants. Accompagné dans sa quête par un jeune garçon de 12 ans, unique survivant, sa traque le mènera à travers toute l’Europe de L’est.
Quelle étrange malédiction pèse sur sa famille, et qui sont ces étranges guerriers d’or ? Autant de questions auxquelles Andrej devra répondre s’il espère trouver le repos.
Wolfgang Hoolbein nous propose ici son mythe du vampire, revisité avec beaucoup de talent. La série est constituée de 8 tomes et oscille entre fantastique et fantasy. Lire la suite