Calokilit

Nathalie lit, Lisa aussi, c'est Calokilit !


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Cet été-là – Jillian Tamaki et Mariko Tamaki

Résumé éditeur :

Rose et Windy se connaissent depuis l’enfance. Elles se retrouvent chaque été au lac Awago où leurs familles louent des cottages. Cet été là, elles ont 13 ans et 11 ans et demi, passent leurs journées à se baigner, à faire des barbecues en famille et regardent des films d’horreur en cachette. Mais surtout, elles partagent les mille questions de l’entrée dans l’adolescence. Une étroite différence d’âge, suffisante à cet étape charnière pour que leurs préoccupations diffèrent : Rose suit avec beaucoup d’intérêt les démêlés d’un groupe d’ados plus âgés, Windy aime encore jouer. Chacune d’elle se débat en parallèle avec ses problématiques familiales.

Mon avis :

Cet été-là ce fut d’abord pour moi une très belle couverture. Puis une très belle lecture, tout en douceur. Jillian et Mariko Tamaki signent un beau récit d’adolescence, avec une réelle adéquation entre le dessin et le scénario.

Rose et Windy se sont quittées enfants l’été précédent, elles se retrouvent un an plus tard, adolescentes. Leurs préoccupations évoluent, par forcément au même rythme. Leur amitié est toujours la même, mais certains tiraillements commencent à se faire sentir. La maturité des deux filles est différente, à ces âges où l’on change rapidement. il n’est pas évident pour les deux jeunes filles de continuer à vivre leur amitié de la même façon, des ajustements vont devoir se faire au fil des jours.

L’été passe lentement, entre séances de cinéma à la maison pour jouer à se faire peur, promenades sur la plage et observations des ados plus âgés. En filigrane, derrière cette réflexion sur l’adolescence, se dessine une réflexion plus poussée sur le fait d’être une femme, sur la maternité et son importance (ou non) dans l’accomplissement d’une femme. On croise dans cette bande dessinée, des femmes pour qui la maternité n’arrive pas au bon moment et d’autres pour qui elle tarde à pointer le bout de son nez, jusqu’à en devenir clairement problématique.

J’ai vraiment été charmé par ce livre, avec son ambiance estivale, son trait doux. J’aimerai pouvoir retrouver encore une fois Rose et Windy pour un été supplémentaire. Une bande dessinée pour ados et adultes.

Lisa

 

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La décision – Isabelle Pandazopoulos

Résumé éditeur :

Un matin, Louise, excellente élève de terminale S, a un malaise en plein cours de maths. Quelques instants plus tard, elle accouche seule d’un enfant dont elle ne savait rien, qu’elle n’a pas attendu, encore moins désiré.

A partir de ce jour commence pour Louise un cheminement difficile, jalonné de questions. Comment ce petit garçon de 3,3 kg peut-il être son fils ? Elle n’a pourtant jamais couché avec personne… Qui peut être le père ? Que s’est-il passé ? Quelle place faire à cet enfant ? Professionnels, famille, amis, tous vont aider Louise à passer de l’état de choc où elle se trouve plongée au retour à la vie.

Mon avis :

Voilà un roman qui touche vraiment juste, et pourtant le sujet n’est pas facile et le risque est grand de tomber dans le tire-larme et les sentiments faciles. Ce n’est pas le cas ici.

Déjà la narration y est pour beaucoup. Toujours à la première personne du singulier, chaque chapitre est écrit par un personnage différent (quelques personnages seulement, on droit à plusieurs chapitres), le point de vue sur l’histoire est donc multiple, bien que centré sur les sentiments de Louise. Si cette narration pourrait nous éloigner du personnage principal, il nous permet de gagner en compréhension sur qui elle est et comment elle est perçu. Et puis, le déni de grossesse même si il change sa vie à elle, influe aussi sur l’ensemble des gens qui l’entoure (ses parents, son frère, ses camarades de classe…)

Rares sont les romans à aborder le déni de grossesse, d’autant plus quand il s’agit d’adolescence. Ici le traumatisme est d’autant plus grand que la jeune Louise ne semble pas se souvenir d’avoir eu la moindre relation sexuelle. Il y a donc un mystère à résoudre, pour elle et pour son entourage, ou donc peut se cacher la vérité ? Et cette vérité est-elle bonne à entendre ? A connaître ?

Une des grandes réussites de ce roman est de nous laisser dans le doute jusqu’aux dernières pages, pourquoi Louise en est-elle arrivée là ? Quel choix va-t-elle finalement faire ? J’ai été très touchée par cette lecture, les réflexions de Louise et des autres personnages sont fortes, crédibles, par toujours plaisantes à lire, mais c’est ce qui fait la force de ce texte.

L’histoire se déroule sur une période courte, de l’accouchement de Louise jusqu’à quelque semaines après la naissance de Noé. Le cheminement de la jeune fille est long et chaque étape est difficile, surtout qu’on ne voit pas bien ce qui pourrait la libérer pleinement. Son entourage cherche à comprendre alors que Louise cherche à ressentir ou à oublier selon les moments. Ce décalage est ce qu’il y a de plus douloureux à gérer, Comment accepter ce qui vient de lui arriver alors que dans les yeux de tout le monde, Louise ne voit que des reproches, de l’incompréhension, de la tristesse ?

Je ne sais pas si tout le monde accrochera avec ce livre, mais pour moi, c’est un coup de cœur. Un livre subtil qui m’aura fait passer par pleins d’émotions au court de sa lecture, un livre qui m’a vraiment poussée à me mettre à la place des différents personnages. Une véritable réussite.

Lisa


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Brèves du mercredi #12

Cette semaine les brèves parlent de mères et de bandes dessinées. Je n’ai pas fait exprès mais j’ai lu deux BD très différentes mais qui parlent toutes les deux de mamans, de mères, de leur relation avec leurs enfants.

Dans Mères anonymes, Gwendoline Raisson  et Magali Le Huche parlent de la maternité, mais pas de la maternité rose, totalement positive et épanouissante, donc on nous parle si souvent. Les Mères anonymes est un groupe pour les jeunes mamans (mais pas que) qui ont besoin de parler, sans être jugées. Tout comme dans un groupe de parole pour alcoolique, ici, la franchise est de mise. Dans ce groupe, les mères sont fatiguées, perdues, en colère, pleine d’amour aussi. Au fil des pages, plusieurs portraits sont dressés, des portraits parfois caricaturaux qui ont au moins le mérite de mettre les choses à plat. L’humour est piquant, sans avoir un regard trop désabusé.

Mères anonymes est un album à mettre dans les mains de celles qui rêvent d’avoir un enfant (pour casser le coté rose bonbon que ce rêve peut avoir), et dans les mains de celles qui en ont déjà eu (pour qu’elles se sentent moins seules, peut être).

Avec Tueurs de Mamans, de Zidrou, Benoit Ers et Borecki, je change totalement de registre. Cinq adolescentes, très différentes, se rapprochent à cause des soucis relationnels qu’elle ont avec leurs mères. Ensemble, elles forment un club secret, elles s’appellent entre elles les « nonnettes » , condition d’accès à leur groupe : ne pas, ou ne plus, avoir de papa. Pendant l’une de leurs réunions, elles tombent sur un site internet qui propose de les venger de celles qui les oppriment, les contrarient, les vexent. Les cinq jeunes filles décident donc d’infliger, via le vengeur du site, une punition à chacune de leurs mères… Les punitions vont de la plus anodine, manger 5 assiettes de choux de Bruxelles, à la plus dure, la mort…

Je n’en dis pas plus, mais je peux vous assurer qu’ici les auteurs ne sont tendres avec personne, ni avec les mères, ni avec les ados. J’ai lu les deux tomes d’affilée, pressée d’avoir le fin mot de l’histoire. Bonne nouvelle, même si le tome deux se clôture avec une fin ouverte, ma curiosité a été en grande partie rassasiée.

Voila deux BD avec lesquelles j’ai vraiment passé un bon moment, que vous soyez mères, pères, ados, anciens ados aussi, n’hésitez pas, ce sont des lectures vraiment sympas ! Il faut juste espérer pour les mamans de Mères anonymes que leurs enfants ne deviennent pas comme les ados de Tueurs de mamans !

Lisa