Calokilit

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Ceux qui me restent – Damien Marie et Laurent Bonneau

Résumé éditeur :
Florent a perdu sa femme beaucoup trop jeune.
Il a tenté d’élever seul sa trop petite Lilie, maladroitement ou certainement pas assez. Et Florent et sa fille se sont perdus à leur tour. Elle l’a laissé encore plus seul pendant 20 ans. Aujourd’hui, à 70 ans, il n’a qu’un souhait, il veut la retrouver avant de mourir ; sa Lilie qui vient maintenant le voir presque tous les jours, mais qu’il ne reconnaît plus.

Mon avis :

Ceux qui me restent est une BD délicate. Ici pas d’esbroufe, seulement de l’authenticité. Le sujet de la maladie d’Alzheimer est traité de l’intérieur, l’auteur nous plaçant dans l’esprit de Florent, malade, perdu entre passé, présent et imaginaire.

Les débuts sont d’ailleurs assez déroutants, j’ai eu du mal à suivre son esprit torturé. Une fois que le lecteur a compris ou il est, comment le récit fonctionne, la fresque dépeinte par Damien Marie frappe de plein fouet.

Au fil des pages, on en apprend de plus en plus sur cet homme. Sur son passé, de sa rencontre avec sa futur épouse aux évènements dramatiques qui le mèneront à délaisser ceux qu’il aime. Le récit prend une dimension supplémentaire en s’attardant sur la vie de Lilie, sa fille, sur ce qu’elle ressent face à la maladie de son père. Le désarroi de Florent, celui de Lile, la solitude qui semble les unir, tout est touchant.

Les dessins de Laurent Bonneau soutiennent totalement le propos. Les décors à peine esquissés parfois, le peu de couleurs qui subsistent, tout est fait pour nous rappeler que nous ne sommes pas dans la réalité mais bien dans l’esprit de Florent.

Je ne suis pas sure que cette bande dessinée plaise à tout le monde, le sujet est trop sensible, en tout cas, à moi, elle m’a parlée.

Lisa

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Brèves du mercredi #16

Les brèves sont de retour, avec, au programme aujourd’hui, deux bandes dessinées qui parlent de maladie. La première traite de la dépression et la deuxième de l’épilepsie. Deux maladies différentes, avec ici un traitement assez proche, puisqu’il s’agit de deux témoignages, poignants.

Chute libre  : carnets du gouffre est le témoignage de Mademoiselle Caroline, qui, après la naissance de son premier enfant, glisse lentement dans la dépression. Son récit retranscrit bien les différentes étapes de sa maladie, de ses premières prises de conscience à l’acceptation d’être malade, les hauts et les bas qui ponctuent son chemin. Les propos sont très clairs, le ton de Mademoiselle Caroline est touchant, parfois drôle et sonne toujours très juste.

Ici pas d’apitoiement, mais un petit livre qui veut déculpabiliser les malades, et poussera certainement leurs entourages à réfléchir un peu plus à leurs réactions. Certains dessins ont été réalisés spécialement pour cet album, mais d’autres ont été réalisés pendant les périodes plus sombres de sa dépression, ce qui rend la bande dessinée encore plus forte. Que l’on soit touché ou non par cette maladie, La chute libre est une bande dessinée agréable qui parlera à tout le monde et dont on se souvient !

Dans La Parenthèse d’Elodie Durand, pas de trace d’humour, le ton est plus sérieux. A travers le personnage de Judith, Elodie Durand livre le récit de son combat contre la maladie qui lui gâche la vie. Apparues petit à petit les absences et malaises de Judith prennent de plus en plus de place dans son quotidien, jusqu’au diagnostic d’une tumeur au cerveau.

Il s’agit bien ici du récit d’un combat, d’une bataille pour guérir, pour aller mieux, pour retrouver des souvenirs, des instants disparus. Judith doit, même une fois la maladie écartée, faire un long chemin pour retrouver qui elle est, qui elle veut être et qui elle a été. Les dessins sont explicites, très clairs sur ce que l’auteur souhaite exprimer. On ne peut pas rester indifférent face à cette parenthèse, une bande dessinée dure parfois, mais très forte et touchante, où l’auteur se livre pour se libérer.

Lisa


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Little Joséphine – Raphaël Sarfati et Valérie Villieu

Résumé éditeur :
« Je suis infirmière à domicile, et Joséphine fait partie de ces rencontres importantes de ma vie d’infirmière. J’ai eu de la chance de la rencontrer, elle, qui se disait la fille d’Arsène Lupin ! L’humour était notre langage, notre terrain de jeu et notre lien. Elle était drôle et étonnement vivante malgré les troubles dont elle souffrait.
Joséphine a questionné des choses essentielles pour moi, m’a aidé à mieux penser mon travail pour ne pas me perdre dans la passivité, l’indifférence. »
 

Mon avis :

La citation de la quatrième de couverture est de Valérie Villieu. Ce sont les mots d’une infirmière à domicile, des mots qui évoquent une rencontre forte, une rencontre qui a bouleversé sa vie.

Lorsque je me suis lancée dans la lecture de cette bande dessinée, j’avais un apriori plutôt positif. Je connais un peu de la difficulté qu’il y a à s’occuper de personnes âgées aux capacités déclinantes. Pourtant les premières pages m’ont chagrinée. J’ai trouvé le ton de départ un peu moralisateur. J’ai eu peur que la BD présente un point de vue vraiment centré, avec d’un côté les gentils (peu nombreux) et de l’autre tous les méchants pas beaux égoïstes intéressés.

Au fil de ma lecture, j’ai doucement changé d’avis. Bien sûr, l’auteure dresse un portrait accablant du système, mais c’est sa manière à elle de mettre en lumière les mécaniques sociales et administratives qui ne fonctionnent pas. Et surtout cela reste son propos de fond, celui qu’elle soutient tout au long du récit, mais ce n’est pas, pour moi, le plus important.

Le plus important c’est Joséphine, le portrait qu’elle dresse de cette femme âgée perdue dans son corps et dans son quotidien est bouleversant de justesse et de tendresse (une tendresse dont les personnes âgées manquent bien souvent). Joséphine vit seule dans son petit appartement, le même depuis très longtemps, c’est son dernier refuge mais elle commence à y perdre pied. Le pire c’est quand elle sort et qu’elle ne se souvient plus où se trouve sa maison. Après l’une de ses sorties elle est déclarée incapable de s’occuper d’elle même, elle est donc placée sous tutelle. Cela veut dire que son argent est géré par une autre personne, une tutrice qu’elle ne connait même pas, de plus tous les jours des auxiliaires de vie viennent lui préparer ses repas et une infirmière passe la voir une à deux fois par jour pour effectuer les soins médicaux. Malheureusement chacun est très occupé et a peu de temps à accorder à la vieille femme. Les auxiliaires de vie changent souvent et n’ont pas toutes la vocation nécessaire. Joséphine prend mal ces intrusions dans sa vie, dans son intimité. Il faudra beaucoup de temps et de patience pour que Valérie et sa collègue arrivent à briser sa carapace pour voir une très belle relation se nouer.

La maladie de Joséphine, ses hauts, ses bas sont très bien décrits, on ressent parfaitement le désarroi de l’infirmière ainsi que celui de Joséphine elle-même.  Le lecteur la voit décliner au fil des pages, la fin, même si elle est inéducable, n’apparaît pas comme une sentence mais comme une ouverture vers autre chose. Finalement les professionnels de santé, du secteur social, de l’aide à domicile, lorsqu’ils sont passionnés par leur travail deviennent bien plus que de simples encadrants, ils deviennent des soignants, des accompagnants et parfois des proches de ces personnes en souffrance. C’est ce que Valérie Villieu arrive à nous montrer dans cette bande dessinée, ce témoignage qui pourrait presque faire office de manifeste.

Les dessins apportent une autre dimension au récit. Les couleurs sont peu variées, le noir et le blanc sont omniprésents, et tout cela est adapté au déroulement de l’histoire, aux différentes phases de lucidité de Joséphine. Le découpage est très réussi alternant les planches de 9 cases très régulières et les planches beaucoup plus fantaisistes sans cadre fixe, parfaitement adaptées aux délires de la vieille dame.

Au final, Little Joséphine m’aura surprise et touchée par sa justesse.

Lisa


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Boule à zéro t.1 Petit coeur chômeur – Zidrou et Ernst

Résumé éditeur : 
Bonjour, je m’appelle Zita. Mais ici, à l’hôpital La Gaufre, tout le monde m’appelle « Boule à Zéro ». Je souffre d’une espèce de leucémie qui semble trouver mon organisme particulièrement à son goût. À cause de tous les traitements que j’ai subi, je n’ai plus que quelques touffes de poils sur le caillou. Alors, je préfère encore me raser la boule à zéro. D’où mon surnom.

Mon avis :

Voila une bande dessinée sur un sujet pas forcément simple à aborder, la maladie grave chez les enfants. Ici, Zidrou et Ernst s’en sortent très bien.

Boule à zéro est une petite fille malade et malade depuis longtemps, elle le dit elle-même l’hôpital est sa maison, ses pensionnaires et employés sont sa famille. Il s’agit donc d’un récit sur la maladie, sur la vie à l’hôpital et sur les relations pas toujours faciles avec ses proches, les membres de sa famille. La maladie d’un enfant est une épreuve pour tous et qui peut épuiser bien des bonnes volontés, bien souvent chacun est poussé dans ses derniers retranchements. C’est ce qui en fait un sujet si difficile à  traiter.

Malgré cela, la bande dessinée réussit à rester drôle et légère sans pour autant passer à côté du sujet. Boule à zéro souhaite organiser un fête pour son anniversaire, bien sûr, ce sera à l’hôpital, mais la petite fille veut tout de même une vraie fête et pour cela elle invite tous ses amis hospitalisés et le personnel. Touchés par cette attention, ils vont s’allier pour lui faire une belle surprise. Cette BD est drôle et touchante, et sans cacher les difficultés liées à la maladie et à la vie à l’hôpital, les auteurs évitent l’écueil des larmes faciles. Je la conseille donc largement à partir de 8 ou 9 ans, et juste que l’âge adulte.

A noter, le tome 2 devrait sortir en janvier 2013.

Lisa

Le blog du dessinateur : Serge Ernst