Calokilit

Nathalie lit, Lisa aussi, c'est Calokilit !


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Théa pour l’éternité – Florence Hinckel

Résumé éditeur :
Théa est secrètement amoureuse de de Théo, son meilleur ami d’enfance, qui lui préfère la pom-pom girl du lycée.
Théa vit seule avec sa mère, une ancienne présentatrice de télévision obnubilée par le souci de paraître jeune.
Théa a l’impression que le temps passe trop vite et que les promesses de l’enfance sont déjà trop loin.
Alors, quand le professeur Jones lui propose d’être le plus jeune cobaye d’un programme visant à stopper le vieillissement, Théa décide de saisir cette chance.

Mon avis :

La première chose que l’on remarque en lisant ce livre, c’est que le monde dans lequel vit Théa est très proche du notre. Même si rien ne nous dit clairement quand se déroule l’intrigue (maintenant, dans 100 ans, 200 ans ?). Cela crée très vite un sentiment de proximité… Les avancées technologiques ne sont pas flagrantes, mais correspondent bien aux obsessions récurrentes de l’être humain.

Au départ, j’ai vraiment eu du mal à m’attacher au personnage de Théa, au point d’hésiter à refermer le livre. Théa est une adolescente emportée, très égoïste et qui ne semble pas avoir beaucoup de jugeote,heureusement, elle évolue au fil des pages, apprend de ses erreurs et cherche à s’améliorer.

La réflexion sur le temps qui passe, le vieillissement et l’immortalité est intéressante. Elle pose la question des rêves que l’on cherche à atteindre et qui se révèlent parfois trop ambitieux pour être supportables.

Mon bilan de cette lecture est mitigé, j’ai tenu jusqu’au bout sans déplaisir mais sans grand plaisir non plus …

Lisa


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Little Joséphine – Raphaël Sarfati et Valérie Villieu

Résumé éditeur :
« Je suis infirmière à domicile, et Joséphine fait partie de ces rencontres importantes de ma vie d’infirmière. J’ai eu de la chance de la rencontrer, elle, qui se disait la fille d’Arsène Lupin ! L’humour était notre langage, notre terrain de jeu et notre lien. Elle était drôle et étonnement vivante malgré les troubles dont elle souffrait.
Joséphine a questionné des choses essentielles pour moi, m’a aidé à mieux penser mon travail pour ne pas me perdre dans la passivité, l’indifférence. »
 

Mon avis :

La citation de la quatrième de couverture est de Valérie Villieu. Ce sont les mots d’une infirmière à domicile, des mots qui évoquent une rencontre forte, une rencontre qui a bouleversé sa vie.

Lorsque je me suis lancée dans la lecture de cette bande dessinée, j’avais un apriori plutôt positif. Je connais un peu de la difficulté qu’il y a à s’occuper de personnes âgées aux capacités déclinantes. Pourtant les premières pages m’ont chagrinée. J’ai trouvé le ton de départ un peu moralisateur. J’ai eu peur que la BD présente un point de vue vraiment centré, avec d’un côté les gentils (peu nombreux) et de l’autre tous les méchants pas beaux égoïstes intéressés.

Au fil de ma lecture, j’ai doucement changé d’avis. Bien sûr, l’auteure dresse un portrait accablant du système, mais c’est sa manière à elle de mettre en lumière les mécaniques sociales et administratives qui ne fonctionnent pas. Et surtout cela reste son propos de fond, celui qu’elle soutient tout au long du récit, mais ce n’est pas, pour moi, le plus important.

Le plus important c’est Joséphine, le portrait qu’elle dresse de cette femme âgée perdue dans son corps et dans son quotidien est bouleversant de justesse et de tendresse (une tendresse dont les personnes âgées manquent bien souvent). Joséphine vit seule dans son petit appartement, le même depuis très longtemps, c’est son dernier refuge mais elle commence à y perdre pied. Le pire c’est quand elle sort et qu’elle ne se souvient plus où se trouve sa maison. Après l’une de ses sorties elle est déclarée incapable de s’occuper d’elle même, elle est donc placée sous tutelle. Cela veut dire que son argent est géré par une autre personne, une tutrice qu’elle ne connait même pas, de plus tous les jours des auxiliaires de vie viennent lui préparer ses repas et une infirmière passe la voir une à deux fois par jour pour effectuer les soins médicaux. Malheureusement chacun est très occupé et a peu de temps à accorder à la vieille femme. Les auxiliaires de vie changent souvent et n’ont pas toutes la vocation nécessaire. Joséphine prend mal ces intrusions dans sa vie, dans son intimité. Il faudra beaucoup de temps et de patience pour que Valérie et sa collègue arrivent à briser sa carapace pour voir une très belle relation se nouer.

La maladie de Joséphine, ses hauts, ses bas sont très bien décrits, on ressent parfaitement le désarroi de l’infirmière ainsi que celui de Joséphine elle-même.  Le lecteur la voit décliner au fil des pages, la fin, même si elle est inéducable, n’apparaît pas comme une sentence mais comme une ouverture vers autre chose. Finalement les professionnels de santé, du secteur social, de l’aide à domicile, lorsqu’ils sont passionnés par leur travail deviennent bien plus que de simples encadrants, ils deviennent des soignants, des accompagnants et parfois des proches de ces personnes en souffrance. C’est ce que Valérie Villieu arrive à nous montrer dans cette bande dessinée, ce témoignage qui pourrait presque faire office de manifeste.

Les dessins apportent une autre dimension au récit. Les couleurs sont peu variées, le noir et le blanc sont omniprésents, et tout cela est adapté au déroulement de l’histoire, aux différentes phases de lucidité de Joséphine. Le découpage est très réussi alternant les planches de 9 cases très régulières et les planches beaucoup plus fantaisistes sans cadre fixe, parfaitement adaptées aux délires de la vieille dame.

Au final, Little Joséphine m’aura surprise et touchée par sa justesse.

Lisa