Calokilit

Nathalie lit, Lisa aussi, c'est Calokilit !


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Là où naissent les nuages – Annelise Heurtier

Résumé éditeur :

Fille unique de parents très aimants, mais très occupés, Amélia, 16 ans, s’est réfugiée dans la gourmandise. Elle traîne son corps adolescent et ses kilos en trop comme une punition. Mais l’arrivée d’une lettre étrange venue de Mongolie va bouleverser la banalité un peu mélancolique de son quotidien…

Mon avis :

Amélia est une ado comme tant d’autres, complexée, elle ne se voit que par rapport aux autres. Sa mère est une femme forte, très belle, comparée à elle Amélia se sent inintéressante, moche, grosse, elle n’arrive pas à sortir de son ombre. Même chose pour son père, un homme brillant, chirurgien dans un grand hôpital parisien. Comment se trouver légitime alors que l’on se compare à des alter-egos que l’on trouve parfaits en tout point !
Alors Amélia mange pour s’oublier, pour s’occuper. L’ennui fait partie intégrante de sa vie.

L’arrivée d’une lettre de Mongolie va tout changer pour elle. En même temps que le passé de ses parents ressurgit, l’avenir d’Amélia change. Le voyage qu’elle va entreprendre, sans envie au d’épart, va la mener bien plus loin que ce qu’elle pensait. Entre découverte du pays, de la culture Mongole et de la dureté du monde, Amélia va grandir, se trouver.
Le lecteur voyage avec elle, j’ai adoré visiter Oulan Bator, voir par ses yeux les plaines mongoles. Les multiples rencontres qu’elle va faire vont la pousser dans ses retranchements, l’obliger à sortir de sa réserve, à se découvrir.

Comme toujours avec Annelise Heurtier, on est emporté par son récit, par le destin de cette ado si proche de nous. Le livre en lui-même est très beau avec une magnifique couverture, ce qui ne gâche rien !

Lisa

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Automne – Jan Henrik Nielsen

Résumé :

Depuis plus de 6 ans, Nana et sa jeune sœur Fride vivent enfermées dans un bunker sur une île avec leur père. Tout ce qu’elles savent c’est qu’un virus a décimé les hommes et que la nature se meurt mystérieusement. Son père les a conduit dans ce bunker pour les protéger, alors que leur mère, médecin, est resté sur le continent en ville pour tenter de soigner les survivants.
L’enfermement leur pèse mais la peur de l’extérieur est plus forte. Lorsque leur père tombe malade, les deux sœurs vont devoir sortir pour essayer de rejoindre la ville et trouver des médicaments.

Mon avis :

J’ai beaucoup aimé ce roman qui revisite les codes du roman de survie. Toute son originalité réside dans la manière dont le sujet est traité, ici pas de défaitisme, pas de roman noir, comme c’est souvent le cas dans ce style littéraire, au contraire le récit est lumineux ! Au cours de leur voyage Nana et Fride vont croiser rares survivants et toujours il subsistera une pointe d’espoir. Bien sur, la peur, l’inquiétude sont aussi présentes, le lecteur ne peut s’empêcher de s’inquiéter pour les deux enfants.

Faire connaissance avec ces deux sœurs est un plaisir, chacune apporte une dimension supplémentaire au récit. Nana est une jeune fille forte, voix de la raison, elleva devoir réapprendre beaucoup de choses, le monde a bien changé pendant ces quelques années. Obligée de s’occuper de sa jeune sœur, elle ne baisse jamais les bras, toujours prête à faire preuve de tendresse envers sa cadette. Fride a seulement 7 ans, de l’extérieur elle ne connait rien, elle va devoir tout découvrir, même si le monde, qu’elle voit pour la première fois, n’a plus grand chose à voir avec ce qu’elle lisait dans les livres du bunker.

Les descriptions sont très belles, très douces, j’ai vraiment eu l’impression de marcher au côté des deux héroïnes. A mon avis, on ne peut qu’être happé par l’ambiance qui se dégage de ce roman.


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L’échange – Brenna Yovanoff

Résumé éditeur :
Mackie Doyle donnerait n’importe quoi pour avoir une vie normale, jouer de la basse et passer du temps avec Tate Stewart, cette fille solitaire aux yeux pailletés. Mais la petite ville de Gentry cache de sombres secrets. Il y a 16 ans, Mackie a été échangé contre un nouveau né : il est un « remplaçant ». Il vient en fait d’un monde terrifiant ù d’obscurs tunnels côtoient des eaux noires et pestilentielles…
Lorsque ceux qu’il aime sont menacés, Mackie n’a pas le choix : il doit affronter les créatures des entrailles de Gentry. Un combat à mort pour trouver enfin sa place, dans notre monde… ou dans le leur.

Mon avis :

Édité en France aux éditons Michel Lafon (éditeur plutôt orienté public adulte), ce roman est vraiment destiné à un public grands ados, jeunes adultes. C’est d’ailleurs pour cela que je l’ai lu, en espérant qu’il me plaise et pouvoir le présenter à des classes de lycée. Pour le coup mon sentiment est plutôt mitigé.

J’ai beaucoup apprécié l’ambiance générale du roman. Mackie est un garçon différent des autres qui se pose énormément de questions sur ses origines et sur la ville qui l’entoure. Dès le début du roman, le lecteur sent l’atmosphère pesante et trouble de la Gentry, Mackie ne devrait pas être le seul à s’inquiéter des événements tragiques qui se déroule dans la petite ville. Son inquiétude, des interrogations, ses états d’âmes sont très bien décrits, je me suis vite mise dans sa peau.

Par contre j’ai trouvé que l’intrigue mettait beaucoup de temps à se mettre en place. Trop de temps même. J’aurai aimé entrer plus vite dans le vif du sujet, pour découvrir plus rapidement le bestiaire qui entoure Malcolm. Ici les révélations tardent à arriver et l’auteur ne prend pas le temps d’approfondir le mythologie des créatures. Je suis donc restée un peu sur ma faim. J’ai eu du mal à rentrer dans le roman, par contre j’aurais aimé que la dernière partie soit plus longue ! C’est un peu paradoxal, non ? Moins d’errements, plus d’actions !

En bref, je dirai que pour apprécier ce roman, il ne faut pas en attendre trop de profondeur, seulement un récit d’adolescence, un peu de fantastique, et un bestiaire riche mais à peine effleuré.

Lisa

 


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Dans le coeur d’Alice – Luc Blanvillain

Résumé éditeur :

Alice a décidé que Jonas était l’homme de sa vie. Mais Jonas a une petite amie. Qu’à cela ne tienne, Jonas est quand-même l’homme de sa vie. Il est en psycho. Il est solitaire, et il sent bon la nuit. Tandis qu’Alice tente désespérément de le séduire, Jonas, lui, se met en tête d’explorer le passé mystérieux d’Hubert, le voisin. Qui est vraiment Hubert ? Est-il le gentil monsieur qu’Alice a toujours connu ? Autant de questions qui éveillent les inquiétudes d’Alice, mais ne la détournent pas de son objectif initial : Jonas.

Mon avis :

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il se passe beaucoup de choses dans le cœur d’Alice, et que la jeune fille ne s’embarrasse pas de scrupules… La manipulation ne lui fait pas peur ! On pourrait croire que c’est le bazar, dans le cœur d’Alice, mais c’est tout le contraire. Alice sait ce qu’elle veut, sait qu’elles sont ses priorités, par contre elle ne se rend pas compte du mal qu’elle peut faire à ses proches.

La preuve en est ce deuxième résumé, correspondant à la quatrième de couverture de l’ouvrage :

« Dans le cœur d’Alice, il y a beaucoup de monde. Il y a d’abord sa mère, Sylviane, dite Sy, brutalement disparue. Il y a aussi son père, Xavier, écrivain de talent, en panne d’inspiration depuis la mort de Sy. Dans le cœur d’Alice, il y a encore Edouard, son meilleur ami, qui pourrait bien tomber amoureux d’elle. Il y a Hubert, le voisin. Certains disent qu’il est fou, d’autres un peu dérangé. Pour Alice, il est juste Hubert. Dans le cœur d’Alice, il y a enfin Leopold qui aime Alice. Il y a aussi Julie, qui pourrait être la meilleure amie idéale. Surtout, il y a Jonas, le petit ami de Julie, qui sent bon la nuit… »

Je préfère ce résumé à celui fourni par l’éditeur sur son site, il est, pour moi, plus proche de la réalité. Puisque ce qui fait l’originalité de ce roman, c’est sa galerie de personnages, tous atypiques, tous attachants. Le récit n’est pas réaliste, il ne me semble pas qu’il existe, en ce monde, des personnes, des ados, des adultes, avec autant de répartie, d’à propos. Je rêverai de vivre au milieu de ses personnages, ou en tout cas de personnes aussi enrichissantes et bien faites (de tête comme de corps!). Cela ne m’a pas empêchée de me plonger à fond dans cette histoire (proche du vaudeville parfois), me délectant de ma lecture. Oui, Alice peut être une véritable peste, pourtant le lecteur ne peut pas rester insensible à son charme…

Cette lecture confirme que j’aime beaucoup l’écriture de Luc Blanvillan. Son univers légèrement déjanté et son humour m’embarque toujours. Dans le cœur d’Alice est un roman d’adolescence, qui parle à la fois d’amour, d’amitié, de deuil, sans jamais devenir ni mièvre, ni triste. J’ai beaucoup aimé que l’intrigue nous amène à la limite du polar avec le mystère d’Hubert. N’ayez pas pas peur Dans le cœur d’Alice vous ne trouverez pas que des bons sentiments !

Lisa

 

 


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Le retour de Cherokee Brown – Siobhan Curham

Résumé éditeur :
Les retrouvailles d’une jeune fille avec son père, cherokee et musicien ! Claire n’a pas beaucoup d’amis au lycée, un peu à part, elle est souvent moquée par les autres élèves de sa classe, notamment parque qu’elle boite légèrement. Un jour, elle rencontre Steve, son père, qui lui raconte tout de ses origines Cherokee…

Mon avis :

Le point de départ de ce roman n’est pas très original : une ado, mal dans sa peau, est devenue la risée de ses camarades de classe depuis le déménagement de sa meilleure amie à l’autre bout du pays. Claire accepte les moqueries, les bousculades, par peur de décevoir et d’attirer l’attention… Heureusement, une nouvelle rencontre va l’aider à changer sa vie.

Le jour de ses quinze ans, elle reçoit une carte d’anniversaire adressée à une certaine Cherokee et signé du nom de Steve. La jeune fille va alors découvrir que son père, qu’elle croyait parti et installé depuis longtemps aux États Unis, est bien plus proche. Leur rencontre va lui permettre de se découvrir autrement. Claire va donc devenir Cherokee, une jeune fille fière qui ne se laisse pas faire.

J’ai apprécier le ton de ce roman, dans lequel Claire décide de se mettre à l’écriture, ce n’est pas son journal intime que nous lisons, mais l’ébauche de son premier roman, portant sur sa vie. Les personnages sont attachants et même si la métamorphose de Claire est parfois un peu caricatural, j’ai apprécié cette lecture.

Un bon roman pour ado !

Lisa


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Sweet Sixteen – Annelise Heurtier

Résumé éditeur :

RENTRÉE 1957.
Le plus prestigieux lycée de l’Arkansas ouvre pour la première fois ses portes à des étudiants noirs. Ils sont neuf à tenter l’aventure. Ils sont deux mille cinq cents, prêts à tout pour les en empêcher.

Mon avis :

Sweet Sixteen est un roman pour adolescents basé sur des faits réels, les personnages sont inventés par l’auteur mais les 9 lycéens dont il est question ont bien existé. Il s’agit d’un roman à 2 voix, les chapitres alternent les points de vue de deux jeunes filles : l’une, Molly, est une jeune lycéenne noire qui doit sous peu rentrer au lycée central, l’autre, Grace, est une lycéenne blanche, très bien intégrée et proche des milieux racistes. C’est cette caractéristique narrative qui fait une grande partie de l’intérêt du roman. Au fil des pages on voit les deux jeunes filles évoluer, leurs attitudes changent mais aussi leurs opinions.

C’est un récit réaliste, sans pathos, écrit avec délicatesse. Les personnages sont nuancés, il n’y a pas que des gentils et des méchants, mais bien des adolescents et des adultes qui luttent des deux côtés pour ce qu’ils pensent être juste. Annelise Heurtier réussi à rendre tous ses personnages humains, sans verser dans la caricature. Elle nous parle des adolescences sacrifiées par l’histoire.

L’Arkansas est un état du sud, un état ou l’esclavagisme, puis la ségrégation, sont bien ancrés. Aujourd’hui, cette intégration de 9 élèves noirs peut sembler peu de choses, mais pour l’époque, pour le lieu, c’était inconcevable ne serait-ce que quelques mois auparavant. Molly se retrouve donc au cœur d’un conflit qui la dépasse. Elle fait face à la méchanceté des blancs mais aussi aux rejets des noirs qui craignent pour leur sécurité. Du côté de Grace, le constat est le même, elle ne pense qu’à vivre son adolescence, ses premiers émois amoureux, ses amitiés… sans se soucier de ce qui se passe dans la société qui l’entoure. Mais lorsque Molly intègre sa classe elle se retrouve à devoir prendre position, un choix qui ne va pas être facile.

J’ai vraiment apprécié cette lecture, très fluide et touchante. Le mémo historique à la fin permet de prendre conscience que ce que l’on vient de lire était une réalité. Chapeau bas pour l’édition, très réussie, la couverture retranscrit bien l’ambiance du roman, et les petits portraits des deux personnages principaux au début de chaque chapitres égayent la lecture.

Sweet Sixteen est un roman que je vais conseiller bien souvent je crois.

Lisa


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Le soleil et la mort – Elise Fontenaille

Résumé éditeur (citation ici) :

On cherchait l’endroit idéal, isolé, tranquille. Une nuit, j’ai eu l’idée : Irus ! L’île d’Anton était en vente depuis sa mort, mon père venait de trouver un acheteur, on ferait d’une pierre deux coups : on partirait dans un endroit génial, et après une histoire pareille, le type ne voudrait plus l’acheter, Irus… l’île du Bonheur serait à nous pour toujours.  Et le grand saut, on le ferait comment ?Là, Vlad a eu l’idée du siècle. En douceur, impossible à louper : il suffisait d’attendre la marée. Il avait fait fort le Prince des Ténèbres… un moyen aussi simple, je n’y aurais jamais pensé. Pas de sang, de violence, de boîte crânienne éclatée, ni de grosse langue noire ou de corps bleu pendu à une poutre.— Dommage, a dit Mishima qui aimait bien se la jouer gore.Il pensait déjà aux photos dans les journaux. Kim et moi, on aimait autant que ce soit clean, en plus on pourrait se regarder partir en se donnant la main, ce serait comme une estampe japonaise.

Mon avis :

Je suis tombée sur ce court roman au hasard d’un rangement dans la médiathèque. Le titre m’a intrigué, j’ai lu la citation de la quatrième de couverture qui m’a immédiatement convaincue de lire le reste du texte.

Le soleil et la mort, quel peut bien être le lien entre ces deux choses dans la tête d’Ulysse ? Et surtout qu’est ce qui peut le pousser à décider de mourir ?

Le roman est écrit à la première personne du singulier et j’ai réellement eu l’impression de lire une confession d’ado, un texte parfois froid, parfois dur, et d’autres fois empli de tendresse. Petit à petit, le lecteur s’attache à Ulysse, comprend sa douleur, mais surtout le lecteur se met à avoir peur pour lui, peur qu’il commette l’irréparable.

Les personnages qui entourent Ulysse peuvent sembler un peu caricaturaux, son père qui a du mal à prendre ses responsabilités, sa belle mère hostile, Kim, ado asiatique que son père refuse de laisser faire des études… Mais ça n’empêche pas le portrait d’être poignant. Et même si le dénouement ne m’a pas vraiment étonnée, j’ai pris plaisir à tourner jusqu’à la dernière page.

Voilà donc un roman très court, à peine 97 pages, mais riche en émotions. A lire à partir de 14 ou 15 ans, je dirai.

Lisa


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De la tendresse – Robert Cormier

Résumé éditeur :
Dans quelques jours, Eric Poole sera libéré du centre de détention pour mineurs où il a été incarcéré pendant trois ans pour le double meurtre de sa mère et de son beau-père. L’inspecteur Proctor pense qu’il a peut-être tué d’autres personnes, des jeunes filles, mais il n’a aucune preuve. Il est décidé à le surveiller de très près. Une autre personne va guetter les faits et gestes d’Eric. Elle s’appelle Lori. Elle a rencontré Eric une fois, le jour de ses douze ans. Elle pense qu’il lui a peut-être sauvé la vie, ce jour-là. Elle est en fugue mais elle ne quittera pas la ville avant de l’avoir revu. Elle est prête à l’aimer, elle l’aime déjà.

Mon avis :

De la tendresse c’est la rencontre entre deux jeunes gens perdus. D’un coté il y a Lori, adolescente en rébellion contre sa mère, son entourage, qui joue de ses charmes sans vraiment se soucier des conséquences. Et de l’autre, Eric, jeune meurtrier qui vient tout juste de sortir de maison de correction après avoir été reconnu coupable du meurtre d’une jeune fille. Entre eux va se tisser une relation étrange…

Robert Cormier est un auteur que j’aime beaucoup, vraiment beaucoup. Ces romans sont toujours dérangeants. De la tendresse ne déroge pas à la règle, il s’agit d’un roman coup de poing. Les personnages sont nuancés, parfois monstrueux, parfois naïfs, mais toujours attachants. Et c’est ce qui fait peur ! La jeune Lori s’attache à un tueur, le lecteur le sait dès le départ et même si j’ai eu peur pour elle je n’ai pu m’empêcher de la comprendre.

Ne cherchez pas dans ce roman un happy-end ou une belle morale, vous n’en trouverez pas ! Et ce n’est pas le but de l’auteur. De la tendresse transporte le lecteur, mais pas sur un long fleuve tranquille… plutôt en eau trouble.

Ce roman était un de mes meilleurs souvenirs de lecture de mon adolescence, il m’avait beaucoup marqué. Je l’ai relu récemment et je n’ai pas été déçue. Le texte est toujours aussi puissant ainsi que la mécanique narrative de l’auteur qui ne nous épargne rien de l’esprit tordu de ses personnages.

Un roman pour ados, mais que je conseille aussi beaucoup à des adultes !

Lisa