Calokilit

Nathalie lit, Lisa aussi, c'est Calokilit !


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Un thé pour Yumiko – Fumio Obata

Résumé éditeur :
Quand elle apprend la mort de son père, Yumiko, jeune graphiste londonienne, doit partir au Japon pour assister à la traditionnelle cérémonie des obsèques. Le voyage au pays de ses origines, jusque dans la ville où elle est née et a grandi, se révèle une succession d’émotions contradictoires et bouleversantes. Qui est-elle devenue loin de chez elle ?

Mon avis :

J’ai lu cette bande dessinée un peu par hasard… La couverture me plaisait bien, je me suis laissée tenter !

La première chose qui m’a plu ici c’est le traitement doux et délicat de sujet parfois difficile à aborder. Yumiko aime sa famille, aime son pays, sa culture mais elle l’a quitté pour faire des études à Londres et pouvoir accéder à des rêves qu’elle n’aurait pu atteindre au Japon. Et c’est de cela qu’il est question au fil des pages. Le décès de son père pousse la jeune femme à revenir sur ses pas, à réfléchir au raison de son départ et à la complexité de ce qui la relie à son pays.

Le thème du deuil est évoqué avec pudeur et simplicité. Les réactions des différents membres de la famille sonnent juste. le personnage de Yumiko est attachant, ses questionnements relativement universels, ne s’appliquent pas seulement aux émigrants. Fumio Obata ne donne pas de réponses toutes faites aux errements de son personnage et laisse a chacun le soin de pousser la réflexion plus loin. Le parallèle fait par l’auteur entre les doutes de Yumiko et l’art japonais du Nô m’a donnée envie d’en savoir plus sur ce théâtre oriental.

Tout le propos de la bande dessinée est mis en valeur par un dessin délicat aux couleurs douces. Le trait est précis et pleins de détails.

Voilà une bande dessinée sans prétention, dont délicatesse et pudeur sont les maître-mots. Une belle réussite pour un deuxième album.

Lisa

 


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Lorsque nous vivions ensemble – Kazuo Kamimura

Résumé éditeur :
Nous sommes à Tokyo, au début de la libération des moeurs des années 70, Kyôko (21 ans) et Jirô (23 ans) vivent en couple bien que non mariés. Elle est graphiste dans une agence de pub, lui, est illustrateur débutant. Chaque chapitre nous fait découvrir un fragment de leur quotidien avec leurs voisins, leurs amis, leurs collègues de travail, mais aussi leurs sentiments parfois contrastés.
En fil rouge : leur belle et tumultueuse histoire d’amour, romantique et érotique à la fois !

Mon avis :

Lorsque nous vivons ensemble est un récit lent, empreint de mélancolie, qui encore plus que le récit d’un amour est le témoignage d’une époque. L’histoire est décomposée en trois tomes, qui font chacun quelques 700 pages, il nous faut pourtant pas s’y fier, cette aventure se dévore ! De nombreuses pages ne contiennent pas de texte, accélérant ainsi la lecture.

Les années 70 au Japon soufflent un vent de liberté sur la vie des japonais, apportant un début de libération des mœurs. Mais les changements sont difficiles, d’autant que les mentalités évoluent lentement, plus lentement en tout cas que dans les magazines, ou à la télévision. Kyoko et Jiro ont beau s’aimer et ne pas souhaiter se marier pour le moment, la pression sociale est forte, les obligeant à cacher leur relation. Dans cette situation difficile, comment s’aimer, apprendre à se connaître et s’autoriser à commettre des erreurs ? Les deux jeunes gens vivent dans un petit studio, les fins de mois sont difficiles, le couple ne subsistent que grâce à l’emploi de Kyoko, graphiste dans une grande entreprise. Jiro, quant à lui, travaille en free-lance de manière épisodique en tant qu’illustrateur. Leur frivolité est rapidement émoussée par le quotidien, menant leur couple à la dérive.

Les thèmes sont variés, la vie de couple bien sûr, mais aussi la carrière, la maladie, l’engagement, la filiation, sont au centre de cette histoire. Et c’est ce qui fait qu’on ne se lasse pas au fil de la lecture, alternant des chapitres au sujet profond et des chapitres plus légers traitant d’une anecdote seulement. l’érotisme est aussi présent et semble considéré comme une pièce maîtresse de la vie de couple.

Je ne suis pas forcément une grande amatrice de manga, mais ici, le dessin de Kazuo Kamimira dépasse les codes du genre, et apporte de véritables touches de poésie, avec des cases très belles qui poussent le lecteur à la contemplation. Le trait est parfois austère, mais l’auteur parvient à retranscrire avec beaucoup de talent les différentes expressions des personnages. Au cours de la lecture, j’ai bien ressentie le fait qu’au départ Lorsque nous vivions ensemble était édité en feuilleton, dans un magazine. Les coupures se font sentir, mais c’est aussi ce qui fait le charme du récit.

Une fois lancée dans la lecture, je ne me suis plus arrêtée, lisant les trois tomes quasiment sans interruption, pour arriver au bout de l’histoire, au bout de l’amour, peut-être…

Lisa