Calokilit

Nathalie lit, Lisa aussi, c'est Calokilit !


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Roman de vacances. #2 Une étoile aux cheveux noirs – Ahmed Kalouaz

Résumé éditeur :
Après Avec tes mains (Babel n° 1129, prix Beur FM, prix Léo Ferré), portrait bouleversant de son père Abd el-Kader, Ahmed Kalouaz poursuit son exploration de la mémoire familiale avec une évocation de sa mère. Immigrée d’Algérie dans les années 1950, elle fut toute sa vie une femme soumise aux tâches ménagères, dévouée à ses quatorze enfants, qui jamais ne connut ni insouciance ni bonheur. Alors qu’elle doit quitter l’appartement dans lequel elle a vécu quarante ans, car la cité de Grenoble où il se trouve va être détruite, son fils installé en Bretagne choisit de traverser la France en mobylette pour la retrouver. Le temps de lui écrire une longue lettre d’amour et de mémoire.
 

Une étoile aux cheveux noirsMon avis :

Encore une fois, j’ai acheté ce livre un peu au hasard, attiré par le bandeau « Rentrée littéraire Babel ».  L’auteur ici nous raconte son voyage en mobylette à travers la France, comme un rêve de gosse, pour rejoindre sa mère, qui doit quitter son appartement pour que l’immeuble dans lequel elle vit soit détruit.

Il en profite pour se remémorer des parcelles de son enfance, et l’amour de sa mère. Il se sert ici du récit un peu comme d’une catharsis. C’est le sentiment qui pour moi s’en est dégagé.
L’écriture est magnifique, sans lourdeur, mais néanmoins très poétique, très touchante. Il écrit ce livre pour sa mère, qui ne le lira jamais : elle n’a jamais appris à lire.

Il expose ici la vie dure qu’elle a eut, de devoir élever ses nombreux enfants avec très peu de moyens, ne se sentant pas chez elle dans ce pays qu’est la France. Puis l’incompréhension, parfois, entre elle et lui.

Il est difficile de parler de livre, qui vous prend aux tripes. Ici, on ne raconte pas d’histoire, mais la « vraie vie », avec ses coups durs, et ses petits bonheurs, qui se cachent bien souvent dans un gâteau au miel, dans une odeur. L’auteur est apaisant, le livre est magnifique.

Nath à Livres


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Papa was not a Rolling Stone – Sylvie Ohayon

Résumé éditeur :
Lili n’est pas d’une nature à baisser les bras. Elle a cette certitude chevillée au corps « qu’il faut dépasser ses malheurs en klaxonnant bien fort, garder ses cheveux au vent et continuer à offrir son beau visage au soleil ». Et pourtant les malheurs, Lili, elle les accumule. Issue d’une famille de juifs d’Afrique du Nord débarqués à la cité des 4000 à la Courneuve, elle est mise au monde sous X, car elle est le fruit de la honte et du déshonneur : un soir de Noël, après un flirt poussé dans une voiture, sa mère tombe enceinte d’un Kabyle qu’elle vient de rencontrer. Le grand-père Moïse, au cœur chaud, pris par le remords de l’abandon, reviendra chercher Lili à l’orphelinat. Mais en arrangeant un mariage avec Daniel, un catholique autoritaire qui voudra bien de sa fille déshonorée il livrera malgré lui sa petite-fille à la violence d’un beau-père destructeur et au déséquilibre psychique d’une mère fragile. Heureusement Lili aura toujours comme refuge le foyer aimant de Margaux et Moïse, ses grands-parents protecteurs. Et puis il y a Lahlou, Magid, Farid, Sosso, Mounhir, Karima et les autres copains de la banlieue, avec qui Lili trouvera les élans d’amitié et de solidarité qui donnent la force de s’en sortir, même quand on est né du mauvais côté du périphérique.
 
Papa was not a Rolling STone

Mon avis :

Ca faisait longtemps que je n’avais rien lu. Au résumé, j’ai été emballée par ce livre. Mais alors, quelle déception…

L’auteur nous raconte ici le début de sa vie dans une ville de banlieue (la Courneuve), et son désir, au plus profond d’elle, de quitter cet endroit, de rejoindre les hautes sphères de la société. Elle nous dépeint des années de maltraitance dues à son beau-père. Puis après, nous avons vue sur son ascension sociale, sur ces moments qu’elle passe en jogging Chanel écroulée sur son canapé…

Sylvie Ohayon use d’un style d’écriture vulgaire, sans que ce soit, selon moi, justifié. Le récit est un fouillis sans nom, et de mon avis, sans queue ni tête. Elle nous raconte « sa vie de merde », comme elle le dit, mais s’arrange pour nous étaler sa « science », et les « connaissances » qu’elle a faite, comme Goldman ou Kamel Ouali.

Le sentiment que j’ai après avoir refermé ce livre, que j’ai eu du mal à finir (et oui, parfois on est tellement choqué par ce qu’on lit, qu’on va jusqu’au bout pour essayer de comprendre « pourquoi »), c’est qu’avoir une vie difficile petite fille n’excuse en rien le fait d’être imbue de sa personne et d’avoir un égo démesuré. Certes, s’en sortir est une bonne chose, et tant mieux pour l’auteur si elle est heureuse maintenant qu’elle travaille dans la pub et vend des diamants dans son « bar à diamants », mais je reste néanmoins sur ma faim, et ai du mal à comprendre comment et pourquoi ce livre a reçu le prix de la Closerie des Lilas.

Bref, je n’ai pas aimé, ni le style, ni, malheureusement, d’un point de vue très personnel, Sylvie Ohayon.

Nath à Livres