Calokilit

Nathalie lit, Lisa aussi, c'est Calokilit !


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Amorostasia – Cyril Bonin

Résumé éditeur :

Tomber amoureux nuit gravement à la santé ! Comme si les relations amoureuses n’étaient pas assez compliquées, une nouvelle épidémie est apparue : l’Amorostasie. Vieux couples comme jeunes tourtereaux, si vous êtes amoureux vous êtes immédiatement plongés dans un état catatonique…

À Paris, de nos jours. La première victime a été retrouvée figée devant sa fenêtre, une demande de mariage à la main. Puis, ce fût un jeune couple, s’embrassant dans la rue, figé lui aussi… Rapidement, l’information s’est propagée, une nouvelle épidémie sévit à Paris, baptisée l’Amorastasie. Rigidité, mutisme, les victimes de cette étrange maladie tombent dans un état catatonique. Les autorités médicales, en l’absence de remède, ne peuvent que recommander d’éviter toute manifestation intempestive du sentiment amoureux. Pire, la paranoïa s’installe dans la société, le moindre regard est l’objet d’interprétation fantasmatique.

Mon avis :

De Cyril Bonin j’avais déjà lu l’homme qui n’existait pas, lecture que ne m’avait pas entièrement conquise, j’étais resté sur ma faim… L’Amorostasia m’aura fait changer d’avis sur l’auteur. C’est la quatrième de couverture qui en premier m’aura intriguée. Comme souvent avec Cyril Bonin, le fantastique, l’étrange a la part belle dans cette histoire.

Le phénomène nous est présenté du point de vue d’Olga Politoff jeune journaliste qui enquête sur la maladie, accompagné de son ami et photographe Julien Lambert. Au fur et à mesure que l’épidémie prend de l’ampleur la paranoïa se développe et Olga va l’apprendre à ses dépends. En effet, comment admettre et expliquer que son collègue, secrètement amoureux, se fige en la regardant, alors que ni elle ni son petit ami ne tombent malade après avoir échangé un baiser. L’amour est au centre des préoccupations, mais aussi le désir et la séduction, très vite stigmatisés par les foules.

Ici Cyril Bonin va au bout de son propos. A partir de cette étrange épidémie, il nous parle de la société française, de l’Homme, de ses travers et de ses réactions face à la peur. Ici, pas d’explication scientifique, seulement les réactions des protagonistes face à une situation qu’ils ne peuvent contrôler. Comment résister à l’amour ? Voila une réponse bien difficile à trouver…

Petit plus, le dessin est, comme toujours, plaisant, les visages sont expressifs et les décors soignés (Paris est très bien représentée).

Lisa


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Brèves du mercredi #15

Les brèves de cette semaine sont consacrées à deux auteurs de BD, qui viennent de sortir chacun une BD qui change totalement de l’univers dans lequel les lecteurs avaient l’habitude de les voir !

Histoire d’hommes de Zep, aux éditions Rue de Sèvres.

ZEP, bien connu du grand public pour sa série Titeuf, nous avait habitué à des bandes dessinées humoristiques, chroniques de la vie quotidienne d’un pré-ado gaffeur. Dès 2009, il sort déjà de ses sentiers battus en publiant Happy Sex, recueil humoristique de courtes bd autour du sexe, puis Happy Rock et Happy Girls. Cette année, il s’éloigne encore plus du jeune garçon à la mèche en publiant Histoire d’hommes, une BD plutôt sérieuse, une vraie réussite pour un changement d’envergure !

Histoire d’hommes, c’est l’histoire de quatre types qui dans leur jeunesse étaient membres d’un groupe de rock plutôt bien parti pour faire une belle carrière… Sauf que… une soirée où ils devaient participer à une émission de télé sensée les lancer, tout s’arrête, le groupe se dissout et Sandro, le chanteur, débute une carrière solo. Au moment où la bd commence, presque 20 ans ont passé, Franck, JB et Yvan (le frère de Sandro), les anciens membres du groupe, sont en route pour retrouver le chanteur dans son manoir en Angleterre. Qu’est ce qui les a séparés ? Pourquoi les deux frères ne se sont pas parlés depuis 18 ans ? Voilà ce que vous découvrirez entre ces pages.

Histoire d’hommes est une bd ambitieuse, qui parle d’amitié, d’amour, de deuil, de fraternité aussi et des difficultés à avancer lorsque la vie ne semble pas vouloir faire de cadeaux. J’ai été charmée par ce récit, par sa délicatesse, sa pudeur et par le graphisme au trait fin de Zep. Une belle réussite !

Gisèle et Béatrice de Benoît Feroumont, aux éditions Dupuis

Benoît Feroumont, pour ceux qui ne le savent pas, est l’auteur de la série de BD jeunesse Le royaume. Il nous a donc plutôt habitué a de la légèreté, de l’humour, même si déjà dans Le royaume, son héroïne, Anne, n’était pas du genre a se laisser marcher sur les pieds. Ici, il n’est plus questions ni de château ni d’oiseaux qui parlent, mais plutôt d’un conte sur les relations hommes-femmes et plus particulièrement sur les stéréotypes que la société met en place quand il est question de genre.

Béatrice est une working girl comme les autres, c’est à dire moins payée et moins bien considérée dans son job que l’ai un homme. Lassée par ces injustices et par les avances bien trop lourde de son patron, elle décide un soir de lui jouer un bien mauvais tour. Après une soirée bien arrosée, celui qui espérait profiter de sa jolie employée va se retrouver transformé… en femme. Béatrice va alors rebaptiser son ancien patron Gisèle et en faire sa femme de ménage et esclave sexuelle.

Avec cette bd, Benoît Feroumont passe de la jeunesse à un conte érotique, un véritable grand écart stylistique ! Le trait est plaisant, la fable se laisse lire avec facilité mais je suis restée un peu déboussolée, ne comprenant pas vraiment quel message retenir de cette lecture. Il est question de pouvoir, de domination, les scènes sont bien souvent érotiques, parfois drôle, mais une partie du propos m’a paru très extrême. A vous de voir !

Lisa


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Celle que … (ou Valentine) – Vanyda

Résumé éditeur du tome 1 (Celle que je ne suis pas) :

Valentine vit seule avec sa mère. Elle adore les mangas, comme ses copines de classe. Toutes suivent avec intérêt les séries. Valentine, Émilie, Julie et Yamina forment un petit club, pas fermé, mais soudé. Leurs préoccupations sont celles de leur âge : elles pensent aux garçons, fument en cachette de leurs parents, boivent parfois un coup de trop…

Mon avis :

J’ai lu cette série il y a quelques années, quand elle était encore publiée en noir et blanc sous les titres suivants : Celle que … Je ne suis pas, Celle que… Je voudrais être et Celle que je suis. Aujourd’hui la série est ré-éditée en couleurs sous le titre « Valentine », ce que je trouve bien dommage, puisque pour moi le titre « Celle que… » mettait bien en évidence cette phase de l’adolescence où l’on apprend à se connaître soit-même et a s’accepter.

« Celle que » retrace l’adolescence de Valentine, une jeune fille comme les autres, qui se cherche. Valentine n’est pas la plus jolie de ses amies, pas la plus drôle, ni la plus intelligente et elle cherche sa place. Ici pas d’événement extraordinaire, le quotidien de Valentine est tout à fait classique, elle ne doit faire face à aucun traumatisme particulier, seulement réussir à traverser cette période pas simple du mieux qu’elle peut. La nonchalance et les errements de cette période sont ici croqués avec beaucoup de réalisme, et un graphisme très doux. J’ai vraiment aimé le réalisme de la série qui ne montre pas les adolescents comme des monstres capricieux et égocentriques, comme ça peut être le cas dans certains ouvrages pour cet âge.

Chaque tome correspond à une année de la vie de Valentine, et c’est un plaisir que de la voir évoluer, elle, ses amies, leurs relations. Chaque année apporte son lot de nouveautés et d’apprentissages à la jeune fille. Je dois l’avouer je me serais bien laissée tenter par un quatrième tome, même si le troisième clôture bien le cycle. En Valentine, beaucoup d’adolescentes se retrouveront et c’est pour cela que je le conseille si souvent. Il me semble que c’est aussi une bonne lecture pour les parents qui auraient un peu oublié les errements de l’adolescence.

Lisa

Le site de l’auteure : Vanyda


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Chant des orques – Antje Babendererde

Résumé éditeur :
Depuis de la mort de sa mère, Sofie vit seule à Berlin avec son père, un photographe reconnu, mais qui n’a jamais été très présent. Lorsqu’il lui propose de l’accompagner un mois pour son travail aux Etats-Unis, Sofie hésite, puis accepte, consciente que c’est l’occasion de se rapprocher de lui. Ils s’installent donc à Neah Bay, dans un motel tenu par une Indienne et son fils, Yavid, un garçon beau comme un astre. Dès leur première rencontre, c’est le coup de foudre. Tandis que le père de Sofie part en reportage, la jeune fille passe son temps avec Yavid. Celui-ci lui raconte les histoires de son clan, l’emmène en zodiac voir des orques et travailler sur le canoë qu’il prépare pour les Makah, la grande fête traditionnelle annuelle.

Mon avis :

Pour mes vacances j’avais emporté plusieurs romans, de la science-fiction et du fantastique, à part, ce roman pour adolescents, attrapé au dernier moment sur un présentoir de la médiathèque. Une très bonne idée !

Je ne m’intéresse pas particulièrement aux indiens d’Amérique, les romans d’amour ce n’est pas trop mon dada, et je dois bien avouer ne pas être une ado non plus. Et pourtant ce roman m’a touché. Le portrait de Sofie, jeune fille en construction, est l’un des portraits d’adolescent les plus justes que j’ai pu lire.

Sofie est une adolescente solitaire, pas seulement par volonté mais aussi parce que ses camarades la mettent de côté. Après le décès de sa mère, elle se renferme encore plus sur elle-même glissant doucement dans la torpeur, sans que son père, qui se débat lui aussi avec son deuil, semble s’en rendre compte. Lorsqu’il est décidé qu’ils partent ensemble, pour un reportage photo sur les indiens, rien ne semble pouvoir les rapprocher.

Ce roman est l’histoire de la renaissance de Sofie, l’histoire du long chemin qui lui sera nécessaire pour reprendre confiance en elle et en la vie. J’ai aimé faire sa connaissance, la voir évoluer. Le lecteur en apprend, finalement, assez peu sur la culture indienne, mais suffisamment pour rendre le récit crédible réaliste.  Ici pas de clichés mais beaucoup de délicatesse et de pudeur. Les sentiments de l’héroïne sont très bien décrits, que ce soit les premiers émois amoureux, les craintes de ne pas être acceptée ou les difficiles relations avec son père…

Je me suis laissée emporter par cette lecture, j’ai retrouvé l’adolescente en moi, celle qui aurait été charmée par Javid, celle qui aurait été émerveillée par les baleines. Voilà vraiment une lecture que je recommande !

Lisa


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Brèves du mercredi #8

Aujourd’hui les brèves sont consacrées à un auteur : Zidrou. De cet auteur, je n’ai pas lu ses œuvres pour la jeunesse, qui sont pourtant les plus connues (l’élève Ducobu, Tamara…),mais je vous avais déjà parlé de Boule à Zéro. Les deux titres dont je vais vous parler sont des one-shot, parus récemment, pour les adultes.

Le beau voyage – Zidrou et Benoît Springer

Léa est une jeune femme comme les autres, qui essaye de se construire, de trouver son bonheur. A la mort de son père, elle est obligée de regarder en arrière, de se souvenir et de dresser une sorte de bilan de ce que sa vie a été jusque-là.

J’ai beaucoup apprécié le dessin de Benoît Springeret encore plus la finesse des personnages crées par Zidrou, ici personne n’est parfait, chaque personnage à ses travers, plus ou moins marqués. Le beau voyage est une bande dessinée au pitch simple, mais qui touche très juste. Surtout qu’au fil des pages, l’histoire épaissie, nous poussant dans l’intime de cette famille que Léa cherche toujours à comprendre.

Le client – Zidrou et Man

Changement de décor pour Le client, ici pas de récit intimiste sur la vie d’une famille. Dans Le client il est question de prostitution, de trafic, de mafia et de vengeance.

Augustin Mirales est le client, un client de maison close qui s’est attaché plus que raisonnablement à une prostituée. Lorsque celle-ci disparait, Augustin décide de tout mettre en œuvre pour la retrouver, quitte à se mettre dans de sales draps. La grande question que le lecteur se pose au fil des pages est de savoir comment Augustin, simple « monsieur tout-le-monde » peut espérer s’en sortir face  au milieu hostile de la prostitution et de la mafia.

Zidrou nous entraîne dans un thriller, une plongée dans un univers glauque, où la seule pointe de lumière est celle qu’apporte Augustin, un homme pas juste gentil, mais plutôt naïf au point d’ignorer les risques qu’il prend. Amour et polar font bon ménage !

Tout comme dans le Beau voyage, ici personne n’est tout blanc ou tout noir, les portraits sont bien plus subtiles, et les personnages ne se font vraiment connaître qu’au fil des pages.

Si vous chercher encore un titre de Zidrou, je vous conseille Lydie, une histoire sensible sur le deuil d’une mère et la solidarité de tout un village.

Lisa


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Où le regard ne porte pas – Georges Abolin & Olivier Pont

Résumé éditeur :
En 1906, une sympathique famille londonienne vient s’installer dans le petit port italien de Barellito. Le père rêve d’industrialiser la pêche locale à l’aide d’un bateau à vapeur. Le fils, William, découvre un paradis fait de soleil, de liberté et de complicité avec ses nouveaux amis, Paolo, Nino et Lisa, une jolie gamine dotée d’étranges pouvoirs. Mais peu à peu, l’hostilité des villageois vire à la haine, le paradis bascule dans la violence.

Où le regard ne porte pasMon avis

Ca faisait longtemps, qu’une bande dessinée ne m’avait pas autant plu. Choisie complètement au hasard, je l’ai dévorée !

William se fait trois amis dans le village italien où il vient s’installer avec son père, sa mère et sa petite sœur.
Il découvrira vite qu’il a un point commun avec ses trois amis, et que le hasard est parfois bien étrange… Pour ne pas trop vous en dire, je tairai le détail, et n’irai pas plus loin dans mon résumé, pour ne pas vous gâcher le plaisir.

C’est une bande dessinée qui nous parle de sentiments forts, très forts, presque inexplicables et déraisonnés d’amitié, d’amour mais aussi de colère et de haine.
Des notions plus abstraites y sont également abordées. Je vais vous frustrer et ne pas les énoncer, pour vous laissez toutes les chances d’apprécier cet ouvrage à sa juste valeur.

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Pour ce qui est du graphisme, au  premier abord, il ne m’a pas attiré : je trouvais les couleurs fades, et le trait « brutal ». Puis finalement, on s’attache à ce tracé, qui va merveilleusement bien avec le texte, qui accompagne parfaitement le caractère des personnages.

C’est une bande dessinée en deux tomes, où le dessinateur, Olivier Pont, a accompagné Georges Abolin pour le scénario.

Au début de ma lecture, je pensais que c’était une bande dessinée destinée plus à de jeunes adolescents. Finalement, il n’en est rien, et se dirige plus vers de grands ado, et les adultes.

Foncez !

Nath à Livres

 


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Brèves du mercredi #7

Cette semaine, les brèves sont consacrées au manga et plus précisément à deux séries, destinées au ados, mais très différentes.

Iris Zéro de Hotaru Takana

Dans un monde où les enfants naissent avec chacun un pouvoir (niché dans leurs yeux, dans l’iris), Torù, un jeune garçon est né sans aucun pouvoir. Pour éviter les moqueries de ses camarades qui le traitent en paria, il décide de se faire remarquer le moins possible, c’est sa stratégie d’exposition zéro… Il ne participe pas en classe, ne se lie pas d’amitié avec les autres et se mêle surtout pas des affaires qui ne le regardent pas.Sa technique fonctionne pour le mieux jusqu’à ce que Koyuki, élève la plus populaire du lycée, fasse appel à lui pour résoudre un de ses problèmes.

J’ai souvent un peu de mal avec les mangas, avec ces séries que je trouve bien souvent trop longues, qui s’essoufflent au fil du temps. Mais, même, si je n’ai lu pour l’instant que deux tomes d’Iris Zéro, je ne ressent pas du tout cet essoufflement, bien au contraire. Au fil des chapitres, les personnages gagnent en profondeur, tout comme l’univers dans lequel ils évoluent.

Iris zéro est un manga intelligent, avec des personnages intéressants dans lequel le fantastique sert de toile de fond pour mettre en avant les différents protagonistes et les mini-énigmes à résoudre. Affaire à suivre donc !

Private Prince de Maki Enjoji

Miyako est étudiante en histoire à l’université où elle rédige un mémoire sur l’ancienne princesse d’un pays étranger. Coup de chance le descendant de cette princesse, le prince Wilfred, vient étudier dans la même école. Trop heureuse de cette aubaine, Miyako fait tout pour le rencontrer pour obtenir des informations…  Malheureusement, le prince, malgré sa réputation de gentleman, se trouve être bien différent de son image. Coureur, très intéressé par la poitrine de Miyako, il ne voit que peut d’intérêt à disserter à propos de son ancêtre. Il va donc proposer à Miyako un bien étrange marché… Il lui donnera des informations sur son ancêtre mais la fera tomber amoureuse de lui…

L’histoire ne m’a pas semblé très originale, avec des personnages bien souvent stéréotypés. Heureusement, il y a suffisamment de rebondissements et d’humour pour que le lecteur passe un bon moment, joyeux.  Ce manga est une vraie distraction, et l’intrigue ne s’épuise pas trop vite. A recommander aux amateurs du genre.

Lisa


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Brèves du mercredi #6

Allez les vacances sont terminées, les brèves reprennent !

Aujourd’hui je vous parle de 2 romans pour ados, très courts, mais sur des sujets difficiles et bien traités.

Le garçon qui aimait les bébés
de Rachel Hausfater-Douïeb
 

Martin a toujours aimé les bébés, même si ces camarades de classe ont bien du mal à le comprendre. Il a même fait son stage de 3ème dans une crèche. Il comprend vite que ses camarades, ses professeurs même, ne comprennent pas bien son attrait pour les bébés, et n’hésitent pas à se moquer de lui. Peu à peu, il apprend à garder ça secret.

Au lycée, il rencontre Louise, dont il tombe amoureux, un amour partagé. Mais lorsque Louise tombe enceinte tout se brise. La jeune fille ne veut pas de ce bébé, Martin va donc devoir se battre pour avoir le droit, la chance de connaître cet enfant.

Le texte court et le récit poignant. Martin est vraiment très attachant, c’est lui qui nous raconte son histoire, avec ses mots. Il nous transmet sa détresse, son incompréhension et sa douleur de ne pas être compris. L’histoire peut paraître simple, prévisible, mais ce n’est pas le cas, tout est en subtilité. Lu d’une traite, j’ai eu du mal à ne pas me laisser submerger par mes émotions. Un très bon roman choc.

La fille mosaïque
de Régine Detambel

C’est le jour de l’enterrement de Jean. Jean était l’amoureux de Laetita, au lycée, pendant la procession en l’honneur du jeune-homme, Laetita se souvient, de Jean, de ce qui lui est arrivé. Comment un lycéen, apprécié de tous, en est arrivé là, à se faire tuer en pleine rue, pris entre deux bandes rivales.

Le récit n’est pas linéaires, les souvenirs de Laetitia ne viennent pas en ordre chronologique, mais cela ne dérange pas la lecture.  Au contraire le portrait qu’elle dresse de Jean et d’elle même, forcément, est touchant, tout en n’épargnant pas les cotés sombres de chacun.

Au départ, j’ai trouvé le ton froid, impersonnel et il m’a fallut un peur de temps pour rentrer dans l’histoire. Mais le suspense est bien mené, et le lecteur voudra savoir ce qui s’est réellement passé. Les personnages sont parfois caricaturaux, avec des gentils et des méchants bien distincts, mais les dernières pages arrivent à nuancer tout cela.

J’ai vraiment apprécié ces deux lectures, que je risque de conseiller bien souvent à la médiathèque !

Lisa


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Le soleil et la mort – Elise Fontenaille

Résumé éditeur (citation ici) :

On cherchait l’endroit idéal, isolé, tranquille. Une nuit, j’ai eu l’idée : Irus ! L’île d’Anton était en vente depuis sa mort, mon père venait de trouver un acheteur, on ferait d’une pierre deux coups : on partirait dans un endroit génial, et après une histoire pareille, le type ne voudrait plus l’acheter, Irus… l’île du Bonheur serait à nous pour toujours.  Et le grand saut, on le ferait comment ?Là, Vlad a eu l’idée du siècle. En douceur, impossible à louper : il suffisait d’attendre la marée. Il avait fait fort le Prince des Ténèbres… un moyen aussi simple, je n’y aurais jamais pensé. Pas de sang, de violence, de boîte crânienne éclatée, ni de grosse langue noire ou de corps bleu pendu à une poutre.— Dommage, a dit Mishima qui aimait bien se la jouer gore.Il pensait déjà aux photos dans les journaux. Kim et moi, on aimait autant que ce soit clean, en plus on pourrait se regarder partir en se donnant la main, ce serait comme une estampe japonaise.

Mon avis :

Je suis tombée sur ce court roman au hasard d’un rangement dans la médiathèque. Le titre m’a intrigué, j’ai lu la citation de la quatrième de couverture qui m’a immédiatement convaincue de lire le reste du texte.

Le soleil et la mort, quel peut bien être le lien entre ces deux choses dans la tête d’Ulysse ? Et surtout qu’est ce qui peut le pousser à décider de mourir ?

Le roman est écrit à la première personne du singulier et j’ai réellement eu l’impression de lire une confession d’ado, un texte parfois froid, parfois dur, et d’autres fois empli de tendresse. Petit à petit, le lecteur s’attache à Ulysse, comprend sa douleur, mais surtout le lecteur se met à avoir peur pour lui, peur qu’il commette l’irréparable.

Les personnages qui entourent Ulysse peuvent sembler un peu caricaturaux, son père qui a du mal à prendre ses responsabilités, sa belle mère hostile, Kim, ado asiatique que son père refuse de laisser faire des études… Mais ça n’empêche pas le portrait d’être poignant. Et même si le dénouement ne m’a pas vraiment étonnée, j’ai pris plaisir à tourner jusqu’à la dernière page.

Voilà donc un roman très court, à peine 97 pages, mais riche en émotions. A lire à partir de 14 ou 15 ans, je dirai.

Lisa


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En silence – Audrey Spiry

Résumé éditeur :
Quelque part dans le sud, en été, un petit groupe d’amis – deux couples, deux enfants et un moniteur – part en expédition en pleine nature, pour une grande journée de canyoning. L’isolement, le dépaysement et le frisson du danger vont servir de révélateur. Chacun, au fil de cette longue journée pleine d’imprévus, va se retrouver seul, confronté en silence à ses interrogations les plus intimes. Ainsi Juliette, la narratrice, qui perçoit bientôt cette journée particulière comme une sorte d’épreuve du feu pour le couple qu’elle forme avec Luis. Comment dépasser le sentiment d’immobilisme et d’attente qui imprègne leur relation, et qui lui est devenu presque insupportable ? Cette belle journée d’été n’est-elle pas, finalement, l’épilogue de leur histoire d’amour ?

Mon avis :

Gros coup de cœur visuel pour cette bande dessinée. Au départ, j’ai été fasciné par sa couverture, l’image de cette jeune fille immergée, qui semble glisser dans l’eau, les yeux écarquillés. Et dès l’ouverture de l’album, j’en ai pris plein les yeux, toutes ces couleurs, ses nuances, déclinant la lumière, m’ont transportée avec les personnages dans cette chaude journée d’été. Voilà pour la première impression.

Lentement l’histoire démarre, ici pas de scénario compliqué, une simple journée de canyoning au cours de laquelle nous allons avoir le plaisir de voir les personnages évoluer. Et si finalement, il y avait plus que cela ? Et si cette simple journée était l’occasion pour chacun de réfléchir à sa vie, de profiter des bénéfices de l’eau glacée pour se ressourcer ?

L’eau, élément imprévisible s’il en est, sera tour à tour amie, ennemie, alliée ou encore menace. Le personnage principal, Juliette, semble, dans les premières pages, effacée, en retrait, dans l’attente de quelque chose. Si ses premiers contacts avec l’eau sont craintifs, elle semble petit à petit se fondre dans l’élément, pour en tirer toujours plus de bénéfices. Et c’est là que le dessin d’Audrey Spiry prend toute son ampleur dans l’expression des corps en contact avec l’eau. Les images se tordent, se distendent, mélange de réalité et de sensations imagées.

Cette descente jusqu’en bas du canyon fera passer les personnages (et le lecteur) par toutes sortes d’émotions, l’émerveillement, la peur… Des émotions qu’ils seront obligés d’affronter puisque lors d’une descente il est impossible de faire demi-tour. Le choix de placer cette histoire, cette réflexion sur le couple que va mener Juliette, dans ce canyon, trouve donc tout son sens. Puisqu’une fois sa réflexion lancée, Juliette ne pourra rien faire pour l’arrêter. Elle devra se retrouver avant de pouvoir retrouver les autres et renaître.

J’ai vraiment trouvé cette bande dessinée très riche tant graphiquement que dans les multiples interprétations que l’on peut y trouver. L’élément aquatique est vraiment très bien choisi, il évoque la maternité, une certaine divinité de la nature, parfois même l’eau semble être un personnage à part entière, qui veut, souhaite…

Audrey Spiry m’aura entrainée dans son sillage, j’aurais vibré avec ses personnages, et j’espère avoir bien vite la joie de lire une autre de ses œuvres.

Lisa