Calokilit

Nathalie lit, Lisa aussi, c'est Calokilit !


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Brèves du mercredi #17

Cette semaine, deux textes m’ont marquée, deux textes avec une thématique en commun ( un adolescent dans la tourmente ) et un format court.

A copier 100 fois d’Antoine Dole est un roman de la collection mini-romans des éditions Sarbacane. Le principe de cette collection est de raconter l’histoire d’un adolescent en 58 pages maximum à la première personne. Il s’agit donc d’un texte très court et percutant.

Un collégien de treize écrit son mal être, le harcèlement qu’il subit à l’école et les difficultés qu’il rencontre avec les personnes qui l’entourent. Maltraité par ses camarades, il ne sait vers qui se tourner, surement pas vers son père qu’il a peur de décevoir. Est-il vraiment homosexuel comme tout le monde semble le penser ? Son père pourra-t-il continuer à l’aimer, même si ils sont différents ?

Deuxième roman court et percutant de la semaine ! Le contour de toutes les peurs de Guillaume Guéraud, aux éditions du Rouergue est vraiment haletant. Le pitch est très simple : un soir en rentrant des cours, le jeune Clément découvre un homme dans sa maison, un homme en train de tout détruire, de saccager le bureau de sa mère. Commence alors un long calvaire pour lui.

Guillaume Guéraud arrive à nous tenir en haleine du début à la fin. Tout au long de la lecture, je me suis inquiétée pour Quentin, j’étais impatiente de savoir comment il allait s’en sortir, s’il allait s’en sortir. La description de ses émotions semble très juste, poignante et nous pousse à nous demander comment à sa place nous aurions réagi dans ce type de situation.

Voila donc deux romans que je n’oublierai de sitôt.

Lisa


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Sweet Sixteen – Annelise Heurtier

Résumé éditeur :

RENTRÉE 1957.
Le plus prestigieux lycée de l’Arkansas ouvre pour la première fois ses portes à des étudiants noirs. Ils sont neuf à tenter l’aventure. Ils sont deux mille cinq cents, prêts à tout pour les en empêcher.

Mon avis :

Sweet Sixteen est un roman pour adolescents basé sur des faits réels, les personnages sont inventés par l’auteur mais les 9 lycéens dont il est question ont bien existé. Il s’agit d’un roman à 2 voix, les chapitres alternent les points de vue de deux jeunes filles : l’une, Molly, est une jeune lycéenne noire qui doit sous peu rentrer au lycée central, l’autre, Grace, est une lycéenne blanche, très bien intégrée et proche des milieux racistes. C’est cette caractéristique narrative qui fait une grande partie de l’intérêt du roman. Au fil des pages on voit les deux jeunes filles évoluer, leurs attitudes changent mais aussi leurs opinions.

C’est un récit réaliste, sans pathos, écrit avec délicatesse. Les personnages sont nuancés, il n’y a pas que des gentils et des méchants, mais bien des adolescents et des adultes qui luttent des deux côtés pour ce qu’ils pensent être juste. Annelise Heurtier réussi à rendre tous ses personnages humains, sans verser dans la caricature. Elle nous parle des adolescences sacrifiées par l’histoire.

L’Arkansas est un état du sud, un état ou l’esclavagisme, puis la ségrégation, sont bien ancrés. Aujourd’hui, cette intégration de 9 élèves noirs peut sembler peu de choses, mais pour l’époque, pour le lieu, c’était inconcevable ne serait-ce que quelques mois auparavant. Molly se retrouve donc au cœur d’un conflit qui la dépasse. Elle fait face à la méchanceté des blancs mais aussi aux rejets des noirs qui craignent pour leur sécurité. Du côté de Grace, le constat est le même, elle ne pense qu’à vivre son adolescence, ses premiers émois amoureux, ses amitiés… sans se soucier de ce qui se passe dans la société qui l’entoure. Mais lorsque Molly intègre sa classe elle se retrouve à devoir prendre position, un choix qui ne va pas être facile.

J’ai vraiment apprécié cette lecture, très fluide et touchante. Le mémo historique à la fin permet de prendre conscience que ce que l’on vient de lire était une réalité. Chapeau bas pour l’édition, très réussie, la couverture retranscrit bien l’ambiance du roman, et les petits portraits des deux personnages principaux au début de chaque chapitres égayent la lecture.

Sweet Sixteen est un roman que je vais conseiller bien souvent je crois.

Lisa


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Celle que … (ou Valentine) – Vanyda

Résumé éditeur du tome 1 (Celle que je ne suis pas) :

Valentine vit seule avec sa mère. Elle adore les mangas, comme ses copines de classe. Toutes suivent avec intérêt les séries. Valentine, Émilie, Julie et Yamina forment un petit club, pas fermé, mais soudé. Leurs préoccupations sont celles de leur âge : elles pensent aux garçons, fument en cachette de leurs parents, boivent parfois un coup de trop…

Mon avis :

J’ai lu cette série il y a quelques années, quand elle était encore publiée en noir et blanc sous les titres suivants : Celle que … Je ne suis pas, Celle que… Je voudrais être et Celle que je suis. Aujourd’hui la série est ré-éditée en couleurs sous le titre « Valentine », ce que je trouve bien dommage, puisque pour moi le titre « Celle que… » mettait bien en évidence cette phase de l’adolescence où l’on apprend à se connaître soit-même et a s’accepter.

« Celle que » retrace l’adolescence de Valentine, une jeune fille comme les autres, qui se cherche. Valentine n’est pas la plus jolie de ses amies, pas la plus drôle, ni la plus intelligente et elle cherche sa place. Ici pas d’événement extraordinaire, le quotidien de Valentine est tout à fait classique, elle ne doit faire face à aucun traumatisme particulier, seulement réussir à traverser cette période pas simple du mieux qu’elle peut. La nonchalance et les errements de cette période sont ici croqués avec beaucoup de réalisme, et un graphisme très doux. J’ai vraiment aimé le réalisme de la série qui ne montre pas les adolescents comme des monstres capricieux et égocentriques, comme ça peut être le cas dans certains ouvrages pour cet âge.

Chaque tome correspond à une année de la vie de Valentine, et c’est un plaisir que de la voir évoluer, elle, ses amies, leurs relations. Chaque année apporte son lot de nouveautés et d’apprentissages à la jeune fille. Je dois l’avouer je me serais bien laissée tenter par un quatrième tome, même si le troisième clôture bien le cycle. En Valentine, beaucoup d’adolescentes se retrouveront et c’est pour cela que je le conseille si souvent. Il me semble que c’est aussi une bonne lecture pour les parents qui auraient un peu oublié les errements de l’adolescence.

Lisa

Le site de l’auteure : Vanyda


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Jane le renard et moi – Fanny Britt et Isabelle Arsenault

Résumé éditeur :

Hélène est victime de harcèlement et d’intimidation à son école. Elle trouve alors refuge dans le monde de Jane Eyre, le premier roman de Charlotte Brontë…

Mon avis :

Le pitch est simple, une pré-ado est mise de coté par ses camarades de classe qui semblent l’avoir prise en grippe. Hélène ne comprend, bien sur, pas pourquoi ses anciens amis deviennent ses tortionnaires, elle va même jusqu’à se remettre en questions, jusqu’à penser que c’est parce qu’elle est trop grosse, pas assez brillante que les autres la dénigrent. Elle glisse lentement dans la tristesse. Heureusement, la lecture de Jane Eyre lui apporte du réconfort, lui permet de s’évader en s’identifiant à l’héroïne. Evidemment ce n’est pas le roman qui la sortira de sa solitude, mais c’est grâce à lui qu’elle gardera la tête haute.

Au premier abord ce roman graphique ne semble pas tendre avec les adolescents et pourtant, au fil des pages j’ai été très touchée par la douceur, la tendresse qui se dégage du ton de Fanny Britt et des illustrations d’Isabelle Arsenault. Les thèmes du harcèlement scolaire, de l’intimidation et des complexes sont traités avec énormément de délicatesse, servis à merveille par le travail d’Isabelle Arsenault, tout en finesse avec une utilisation des couleurs simplement superbe !

Cette BD est un petit bijou à mettre entre toutes les mains. Tout y est pour en faire un véritable coup de cœur.

Lisa


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On a mangé Zidane, Trilogie Urbaine T.1 – Sylvain Ricard & Didier Maheva

Résumé éditeur :
Dans une grande ville, l’histoire de trois personnes qui se côtoient sans jamais se voir et qui vivent chacune un petit drame. Ce volume raconte l’histoire de Vincent, un jeune homme mélancolique qui habite avec sa famille dans une cité-dortoir et travaille dans un fast-food. Son seul plaisir est de retrouver le soir dans sa chambre ses animaux : poissons, souris, oiseaux et surtout Zidane.

9782352120728_cgL’ouvrage dont j’ai choisi de vous parler est très court, c’est pourquoi j’ai décidé de vous présenter également la collection dont il fait parti :
« La collection Lépidoptère propose des récits courts de 30 pages en guise de terrain d’expérimentation pour une kyrielle d’auteurs à découvrir ou à approfondir. Elle est un laboratoire influencé par les avant-gardes de la bande dessinée qui se sont développées tout au long des années 90. De jeunes auteurs débutants comme des auteurs déjà établis y proposent des expériences narratives dans le domaine de la bande dessinée. »

La BD :
On a mangé Zidane nous raconte, sobrement, en noir et blanc, d’un trait vif, la solitude d’un ado de banlieue, qui voudrait partir. Où ? Il ne sait pas, juste partir, avec son lapin, Zidane…

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C’est un récit court d’une trentaine de pages. La prouesse étant d’avoir réussi en si peu de cases, si peu de textes, de nous transmettre les (re)sentiments, les désirs de Vincent, ainsi que le malaise de vivre avec cette famille, qui « malheureusement », est la sienne. Son père ne supporte pas qu’il ait un lapin, il ne veut pas de « pédé » sous son toit, comme il se plaît à le répéter. Mais lui passe ses journées en caleçon, devant la télé. A croire que sa vie est si peu passionnante, que d’empêcher son fils de vivre comme il l’entend, et de fait, correctement, lui permet de passer le temps, même si aucun argument tangible n’accompagne ses prises de position.

J’attends maintenant de pouvoir lire les deux tomes suivants, et de voir comment les trois personnages des différentes histoires se côtoient sans le savoir. Quel sera le lien fait entre eux, et quels chevaux de bataille attaqueront les scénarios. On en reparlera !

A suivre …

Nath à Livres


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Brèves du mercredi #6

Allez les vacances sont terminées, les brèves reprennent !

Aujourd’hui je vous parle de 2 romans pour ados, très courts, mais sur des sujets difficiles et bien traités.

Le garçon qui aimait les bébés
de Rachel Hausfater-Douïeb
 

Martin a toujours aimé les bébés, même si ces camarades de classe ont bien du mal à le comprendre. Il a même fait son stage de 3ème dans une crèche. Il comprend vite que ses camarades, ses professeurs même, ne comprennent pas bien son attrait pour les bébés, et n’hésitent pas à se moquer de lui. Peu à peu, il apprend à garder ça secret.

Au lycée, il rencontre Louise, dont il tombe amoureux, un amour partagé. Mais lorsque Louise tombe enceinte tout se brise. La jeune fille ne veut pas de ce bébé, Martin va donc devoir se battre pour avoir le droit, la chance de connaître cet enfant.

Le texte court et le récit poignant. Martin est vraiment très attachant, c’est lui qui nous raconte son histoire, avec ses mots. Il nous transmet sa détresse, son incompréhension et sa douleur de ne pas être compris. L’histoire peut paraître simple, prévisible, mais ce n’est pas le cas, tout est en subtilité. Lu d’une traite, j’ai eu du mal à ne pas me laisser submerger par mes émotions. Un très bon roman choc.

La fille mosaïque
de Régine Detambel

C’est le jour de l’enterrement de Jean. Jean était l’amoureux de Laetita, au lycée, pendant la procession en l’honneur du jeune-homme, Laetita se souvient, de Jean, de ce qui lui est arrivé. Comment un lycéen, apprécié de tous, en est arrivé là, à se faire tuer en pleine rue, pris entre deux bandes rivales.

Le récit n’est pas linéaires, les souvenirs de Laetitia ne viennent pas en ordre chronologique, mais cela ne dérange pas la lecture.  Au contraire le portrait qu’elle dresse de Jean et d’elle même, forcément, est touchant, tout en n’épargnant pas les cotés sombres de chacun.

Au départ, j’ai trouvé le ton froid, impersonnel et il m’a fallut un peur de temps pour rentrer dans l’histoire. Mais le suspense est bien mené, et le lecteur voudra savoir ce qui s’est réellement passé. Les personnages sont parfois caricaturaux, avec des gentils et des méchants bien distincts, mais les dernières pages arrivent à nuancer tout cela.

J’ai vraiment apprécié ces deux lectures, que je risque de conseiller bien souvent à la médiathèque !

Lisa


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Le soleil et la mort – Elise Fontenaille

Résumé éditeur (citation ici) :

On cherchait l’endroit idéal, isolé, tranquille. Une nuit, j’ai eu l’idée : Irus ! L’île d’Anton était en vente depuis sa mort, mon père venait de trouver un acheteur, on ferait d’une pierre deux coups : on partirait dans un endroit génial, et après une histoire pareille, le type ne voudrait plus l’acheter, Irus… l’île du Bonheur serait à nous pour toujours.  Et le grand saut, on le ferait comment ?Là, Vlad a eu l’idée du siècle. En douceur, impossible à louper : il suffisait d’attendre la marée. Il avait fait fort le Prince des Ténèbres… un moyen aussi simple, je n’y aurais jamais pensé. Pas de sang, de violence, de boîte crânienne éclatée, ni de grosse langue noire ou de corps bleu pendu à une poutre.— Dommage, a dit Mishima qui aimait bien se la jouer gore.Il pensait déjà aux photos dans les journaux. Kim et moi, on aimait autant que ce soit clean, en plus on pourrait se regarder partir en se donnant la main, ce serait comme une estampe japonaise.

Mon avis :

Je suis tombée sur ce court roman au hasard d’un rangement dans la médiathèque. Le titre m’a intrigué, j’ai lu la citation de la quatrième de couverture qui m’a immédiatement convaincue de lire le reste du texte.

Le soleil et la mort, quel peut bien être le lien entre ces deux choses dans la tête d’Ulysse ? Et surtout qu’est ce qui peut le pousser à décider de mourir ?

Le roman est écrit à la première personne du singulier et j’ai réellement eu l’impression de lire une confession d’ado, un texte parfois froid, parfois dur, et d’autres fois empli de tendresse. Petit à petit, le lecteur s’attache à Ulysse, comprend sa douleur, mais surtout le lecteur se met à avoir peur pour lui, peur qu’il commette l’irréparable.

Les personnages qui entourent Ulysse peuvent sembler un peu caricaturaux, son père qui a du mal à prendre ses responsabilités, sa belle mère hostile, Kim, ado asiatique que son père refuse de laisser faire des études… Mais ça n’empêche pas le portrait d’être poignant. Et même si le dénouement ne m’a pas vraiment étonnée, j’ai pris plaisir à tourner jusqu’à la dernière page.

Voilà donc un roman très court, à peine 97 pages, mais riche en émotions. A lire à partir de 14 ou 15 ans, je dirai.

Lisa


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Brèves du mercredi #3

Ce mercredi, ce sera bande dessinée ! Comme souvent, certes… Mais quand on aime, on ne compte pas, non ? Je vous présente donc 3 BD, qui peuvent plaire atant aux adolescents qu’aux adultes, pour peu qu’ils aient gardé un goût pour la fantaisie et l’adolescence.
 

Ghostopolis de Douglas TenNapel

Garth, jeune garçon atteint d’une maladie incurable, est envoyé par accident dans le monde des morts par un chasseur de fantôme sur le retour, Franck Gallows. Dans cet univers, Garth se découvre rapidement des pouvoirs magiques mais déchante rapidement lorsqu’il s’aperçoit que le mode des fantômes est sous le joug d’un roi maléfique. Secouru par Franck, Il va tenter de délivrer les êtres vivants dans cet univers parallèle pour enfin pouvoir rentrer chez lui.

Une bande dessinée au dessin somptueux, mêlant noirceur et humour avec beaucoup de subtilité.

Hollywood Jan de Bastien Vivès et Michaël Sanlaville :

Jan est un garçon, timide pas très grand, mal dans sa peau. Après avoir passé des années de collège difficiles, il rentre au lycée et espère une vie meilleure.
Pour s’aider, avoir plus confiance en lui, il s’imagine entouré de trois acteurs hollywoodiens. Russel Crowe, Sylvester Stalone et Arnold Schwarzenegger vont l’aider à surmonter ses petites hontes du quotidien…En le soutenant, mais aussi parfois en le malmenant.
On remarque qu’il a choisi comme amis imaginaires des personnages baraqués, forts, symboles de puissance. Arrivera-t-il à s’affirmer par lui-même, pour lui-même ?
Le ton est décalé, assez drôle. Le sujet de l’adolescence est ici traité avec humour, mais sérieux.

Souriez de Raina Telgemeier :

« Souriez » est une bande dessinée autobiographique (le personnage principal à le même prénom que l’auteur) au sujet de l’adolescence, des changements qui s’opèrent et des relations entre adolescents.

Raina est une jeune fille complexée par ses dents. En effet, suite à une chute elle a perdu ses deux dents de devant, et elle va devoir traverser bien des épreuves avant de retrouver le sourire de ses rêves. Le lecteur suit son évolution sur plusieurs années, à partir de son entrée au collège où elle ne souhaite qu’une chose : passer inaperçue ! Au fil des pages, l’adolescente grandit, apprend à se connaître à s’accepter et à mieux s’entourer.

« Souriez » est une bande dessinée sensible sans chercher à apitoyer et parsemée d’humour.

Lisa


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Plaguers – Jeanne A.Debats

Résumé éditeur :
La terre est épuisée écologiquement, les animaux se sont éteints et l’air est à peine respirable. Seul atout de l’humanité : les réacteurs Alyscamps qui puisent l’énergie dans les dimensions non exprimées de la réalité.
Dans ce monde les adolescent sont victimes d’une étrange maladie, la Plaie, qui les rend capables de créer ex nihilo, semble-t-il, toutes sortes de créatures, voire de commander aux éléments.
Le monde les rejette.
Quentin est un Plaguer, sous ses pieds jaillissent des sources, et celle qu’il aime, Illya, fait fleurir les orchidées partout où elle passe. Ils se rencontrent lors de leur incarcération dans la Réserve parisienne…

Mon avis :

Plague en anglais veut dire peste, et donc plaguers pestiférés.

Dans ce futur proche, l’Humanité a détruit la quasi totalité des ressources que la Terre lui donnait, se condamnant elle-même à survivre sur une terre hostile. La réaction de la nature à cette destruction semble être l’apparition des plaies, ces manifestations fantastiques qui touchent une partie de la population à partir de l’adolescence. Quentin et Illya sont de ceux là. Rejetés par tous, souvent même par leurs proches, ils vont devoir apprendre et réapprendre à vivre ensemble et à s’accepter.

Dans ce roman Jeanne A. Debats parle de différence et d’acception  sous toutes ses formes. Les plaguers ne rêvent souvent que d’une chose se faire accepter du monde « extérieur », mais même entre eux ils doivent apprendre à s’accepter. Quentin, par exemple, est plutôt chanceux, produire des sources n’est pas pour lui un très grand handicap. Que dire par contre de Leïla, entourée de serpents, ou d’un adolescent qui peut contrôler les hormones de ses camarades. Les jeunes exclus, accompagnés des Uns et des Multiples (vous découvrirez bien assez tôt qui ils sont), vont finalement avoir un rôle très important à jouer qui bouleversera leur manière de voir leur monde.

Dans l’univers de Plaguers les personnages sont fouillés, rarement tout blanc ou tout noir, l’auteur nous amène à les voir sous des jours différents au fil du roman. Chacun a des choses à apporter aux autres. C’est un très bon roman de science-fiction, mêlant habilement histoire d’amour, mystère et conte sur la différence.  J’ai été tenue en haleine jusqu’à la dernière page.

J’ai du mal à évaluer s’il s’agit plutôt d’un ouvrage pour la jeunesse ou les adultes, il me semble qu’il plaira autant aux ados à partir de 13 ans qu’aux adultes amateurs de fantastique et d’anticipation.

Un très bon moment de lecture.

Lisa


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Littérature jeunesse et histoire contemporaine

Aujourd’hui, je vous présente une courte sélection de romans, pour la jeunesse, ancrés dans un contexte historique contemporain. La littérature fait rêver, voyager et nous apprend beaucoup sur nous même et le monde qui nous entoure.
Les quatre romans qui suivent, éclairent le lecteur sur notre époque, sur les conflits qui la ravagent, les maux qui lui pèsent, mais surtout ils parlent d’adolescents qui cherchent leur place dans le monde.
 

Binti, une enfance dans la tourmente africaine, de Deborah Ellis

 Voila un très beau livre, plein d’espoir. Binti est une enfant heureuse, car bien entourée par sa famille, son père, son frère et sa sœur. Malheureusement, le Sida qui emporte son père va bouleverser sa vie, lui faisant découvrir un autre visage du Malawi. Un visage dur, ou chacun essaie de survivre de son mieux, souvent au détriment des autres, et où le SIDA est porté comme un poids à vie, pour les malades comme pour leur famille. Lire la suite