Calokilit

Nathalie lit, Lisa aussi, c'est Calokilit !


Poster un commentaire

Le muret – Céline Fraipont et Pierre Bailly

Résumé éditeur :
À treize ans, Rosie vit une situation peu commune : ses deux parents durablement éloignés à l’étranger et ne s’occupant d’elle qu’épisodiquement, elle doit se débrouiller au quotidien presque entièrement seule. Son seul point d’ancrage est son amie d’enfance Nath, avec qui elle entretient une relation presque fusionnelle. Mais les amitiés sont aléatoires et fluctuantes à cet âge. Progressivement mise à distance par Nath, Rosie, de plus en plus isolée, se réfugie dans l’alcool et l’absentéisme scolaire. C’est dans ces circonstances, à la dérive, que l’adolescente fait la connaissance de Jo, un garçon à peine plus âgé qu’elle, qui comme elle habite seul, vivant d’expédients et de petits trafics.

Mon avis :

Le Muret est le récit d’une adolescence paumée, le personnage de Rosie pourrait être n’importe quelle ado laissée à l’abandon par ses parents. Le début du récit est poignant, découvrir la jeune fille si perdue, si seule, ne laisse pas indifférent. La dérive est palpable, dure, je me suis presque sentie impuissante pendant la lecture, me demandant si personne n’allait faire quoi que ce soit pour cette gamine.

Au fil des pages, Rosie se débat, elle se cherche, elle cherche surtout à oublier sa situation, sa solitude trop forte pour être supportable. Pour qu’elle s’en sorte il faut que quelque chose change. Est-ce que sa rencontrez avec Jo sera ce déclencheur ? Ou bien le jeune homme la fera-t-elle plonger encore plus ? Petit à petit, Rosie grandit, mais peut êtr eun peu vite, à plusieurs reprises, elle ne passe pas loin de se brûler les ailes.

J’ai beaucoup apprécié le regard que les auteurs portent sur ces adolescents et jeunes adultes. A aucun moment je n’ai eu l’impression qu’ils jugeaient leurs personnages. Le traitement est très doux. Il n’est pas question de bien ou de mal, mais plutôt du récit d’un passage de l’enfance à l’âge (presque) adulte. Le Muret est une bande dessinée sans concession, intimiste et profonde. Une vraie réussite à mon avis, une de ces bandes dessinées à conseiller aux ados comme aux adultes, puisque personne n’y restera indifférent.

Mention spéciale pour le dessin très fort, entièrement en noir et blanc, avec des contrastes puissants.

Lisa

A lire sur le site de Bodoi, l’interview des deux auteurs.


Poster un commentaire

Calimity Jane avait deux filles – Alice de Poncheville

Résumé éditeur :
Ils sont trois. Trois êtres pris dans la tourmente de la vie et partageant le même secret, la même blessure encore vive. Timide et solitaire, Elisa n’a pas d’amis mais elle déborde d’énergie et a décidé de s’en faire coûte que coûte. Rose, sa grande sœur, épie chaque jour un jeune homme inconnu et bouillonne de sentiments violents qui la dépassent. Eric, leur père, un homme tranquille et résigné en apparence, guette une mystérieuse femme en vert. Il semble que quelque chose soit sur le point d’arriver. Et si cet événement attendu et espéré survenait, si la vie d’Elisa, de Rose et d’Eric en était bouleversée, seraient-ils capables de prendre une nouvelle route et de la suivre jusqu’au bout ?

Mon avis :

Attention coup de cœur ! Avec ce livre j’ai souri, j’ai (presque) pleuré, et surtout je n’avais aucune envie de le lâcher ! Lorsque les filles, que ce soit Elisa (la petite) ou Rose (la grande), étaient dans des situations difficiles, je n’aurais voulu qu’une chose : pouvoir rentrer dans les pages du livre pour aller leur donner un coup de main, les aider ou les consoler.

Le résumé met en avant trois personnages, mais finalement le récit se concentre sur le point de vue des deux sœurs : Elisa, 11 ans (la plus attachante) et Rose, 16 ans (la plus attachiante si je puis dire). Au départ, j’ai été un peu déstabilisée par la narration qui saute d’un personnage à l’autre très rapidement. Une page commence centrée sur la journée d’Elisa et se termine une scène au travail d’Eric. Mais rapidement, je n’y ai plus prêté attention.

Les thèmes évoqués ici ne sont vraiment pas simples pour un si petit soman et pourtant tout est traité avec beaucoup de délicatesse. Au fil des pages, les problèmes s’accumulent pour les deux sœurs, de plutôt pauvres, elles se retrouvent menacées d’expulsion. Au début du livre ce sont toutes les deux des enfants (n’en déplaise à Rose) , à la fin elles auront toutes les deux beaucoup grandi. La métamorphose ne sera pas sans souffrance, mais jamais l’auteur ne tombe dans le misérabilisme, ou dans le tire-larmes à outrance. Au contraire, ses personnages sont forts, sensibles et courageux.

Bien sûr certains diront que certaines ficelles sont grosses, que tout cela n’est pas très réaliste… Je suis d’accord, mais c’est très loin de gâcher la lecture puisque ce sont ces pointes d’irréel, de « pas croyable » qui font une part de l’originalité de récit. Et c’est surtout ce qui rend nos deux personnages principaux si attachants. Par contre, j’ai un peu regretté que l’histoire du père ne soit pas plus creusée, pour mieux le comprendre.

Voilà donc un roman pour ados (à partir de 12 ou 13 ans) à lire sans aucune hésitation !

Lisa