Calokilit

Nathalie lit, Lisa aussi, c'est Calokilit !


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Les ombres- Hippolyte et Vincent Zabus

Résumé éditeur :
Une salle d’interrogatoire à la lumière crue. Une chaise, un bureau. C’est dans ce décor dépouillé que l’exilé n° 214 voit son destin se sceller. Au terme d’un long périple, tête baissée, dos voûté, il demande l’asile. Poussé à l’aveu, il doit, pour obtenir le précieux sésame, revenir sur son passé et sur les raisons qui l’ont contraint à l’errance…

 

Mon avis :

Gros gros coup de cœur pour cette bande dessinée superbe et touchante. Comme souvent le fantastique, la fable, est un prétexte pour nous parler des choses que l’on connait, du monde qui nous entoure.

Déjà, cette bande dessinée est un bel objet. Le format est grand, la reliure de qualité, et le papier, épais, pourra supporter de nombreuses lectures. C’est un plaisir de l’avoir entre les mains. Un beau livre comme celui-là me met toujours de bonne humeur pour commencer ma lecture.

Le personnage principal, un jeune homme vêtu d’une tunique et le visage recouvert d’un masque, fuit son village en compagnie de sa jeune sœur. Ils n’ont pas le choix, pour eux, c’est la fuite ou la mort, l’esclavage. Au fil de leur errance vers un but sublimé, ils vont faire des rencontres, essayer de survivre. Ici, les ombres sont des sortes de fantômes, d’esprits, qui les suivent, pour les aider ou tout simplement se rappeler à eux. L’ensemble de l’histoire traite de la fuite, de l’exil et de la mémoire surtout. Qu’est-ce qu’un réfugié ? Comment un « homme », un être humain à part entière avec une famille, une histoire, devient finalement un « réfugié », quelqu’un à qui il ne reste plus rien, que personne ne veut voir. L’exilé n°214 a bien eu un prénom à une époque, une identité, malheureusement il n’est pas loin de la perdre au fil de son voyage…

L’illustration est superbe, mêlant crayonné sombre et couleurs pastelles à l’aquarelle (je suppose). Les décors sont particulièrement beaux, chaque planche me donnait envie de passer du temps à l’observer, à la décortiquer. Les masques que chaque personnage porte empêchent le lecteur de voir les expressions faciales, toute l’émotion passe donc par les postures, les mots, ce qui ne fait que rajouter de la force au récit et au propos des auteurs.

L’atmosphère est mystérieuse, mélancolique aussi. Les illustrations alliées à la qualité d’impression m’ont permis de m’immerger très rapidement dans l’ouvrage. Une fois cette bande dessinée ouverte, il est bien difficile de la refermer. Une lecture que je conseille donc fortement !

Lisa

 


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Le muret – Céline Fraipont et Pierre Bailly

Résumé éditeur :
À treize ans, Rosie vit une situation peu commune : ses deux parents durablement éloignés à l’étranger et ne s’occupant d’elle qu’épisodiquement, elle doit se débrouiller au quotidien presque entièrement seule. Son seul point d’ancrage est son amie d’enfance Nath, avec qui elle entretient une relation presque fusionnelle. Mais les amitiés sont aléatoires et fluctuantes à cet âge. Progressivement mise à distance par Nath, Rosie, de plus en plus isolée, se réfugie dans l’alcool et l’absentéisme scolaire. C’est dans ces circonstances, à la dérive, que l’adolescente fait la connaissance de Jo, un garçon à peine plus âgé qu’elle, qui comme elle habite seul, vivant d’expédients et de petits trafics.

Mon avis :

Le Muret est le récit d’une adolescence paumée, le personnage de Rosie pourrait être n’importe quelle ado laissée à l’abandon par ses parents. Le début du récit est poignant, découvrir la jeune fille si perdue, si seule, ne laisse pas indifférent. La dérive est palpable, dure, je me suis presque sentie impuissante pendant la lecture, me demandant si personne n’allait faire quoi que ce soit pour cette gamine.

Au fil des pages, Rosie se débat, elle se cherche, elle cherche surtout à oublier sa situation, sa solitude trop forte pour être supportable. Pour qu’elle s’en sorte il faut que quelque chose change. Est-ce que sa rencontrez avec Jo sera ce déclencheur ? Ou bien le jeune homme la fera-t-elle plonger encore plus ? Petit à petit, Rosie grandit, mais peut êtr eun peu vite, à plusieurs reprises, elle ne passe pas loin de se brûler les ailes.

J’ai beaucoup apprécié le regard que les auteurs portent sur ces adolescents et jeunes adultes. A aucun moment je n’ai eu l’impression qu’ils jugeaient leurs personnages. Le traitement est très doux. Il n’est pas question de bien ou de mal, mais plutôt du récit d’un passage de l’enfance à l’âge (presque) adulte. Le Muret est une bande dessinée sans concession, intimiste et profonde. Une vraie réussite à mon avis, une de ces bandes dessinées à conseiller aux ados comme aux adultes, puisque personne n’y restera indifférent.

Mention spéciale pour le dessin très fort, entièrement en noir et blanc, avec des contrastes puissants.

Lisa

A lire sur le site de Bodoi, l’interview des deux auteurs.


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La propriété – Rutu Modan

Résumé éditeur :

Après la mort de son fils, Regina Segal emmène sa petite fille, Mica, à Varsovie où elles espèrent récupérer une propriété familiale spoliée pendant la Seconde Guerre mondiale. Une histoire de famille, de secrets et d’amour.

Mon avis :

J’avais repéré cette BD dans le palmarès du Festival d’Angoulême de cette année puisqu’elle a reçu le prix spécial du jury. La couverture me plaisait bien et Actes sud publie parfois des petites perles.

La propriété est une bande dessinée dense mais il ne faut pas avoir peur de son épaisseur, elle se lit très bien ! Son volume permet à Rutu Modan de vraiment immerger le lecteur dans son intrigue. Elle propose ainsi des personnages creusés, tous crédibles. Aucun ne m’a semblé caricatural. Le personnage de la grand-mère, Régina, est très intéressant car très nuancé, j’ai aimé la découvrir et en apprendre de plus en plus sur elle au fil des pages, sa carapace de vieille femme acariâtre se fissurant peu à peu.

Ici, l’Histoire avec un grand H (seconde guerre mondiale) se mêle avec l’histoire intime du famille, c’est ce que j’ai le plus apprécié. Bien sur Rutu Modan livre un témoignage sur la ghetto Varsovie, la fuite des familles juives vers Israël  mais surtout elle nous parle d’amour, de secret, d’une famille hantée par les fantômes du passé. Ce voyage à Varsovie, sous couvert de la recherche d’une propriété disparue, permettra à la famille de dépasser le poids d’un passé dont tous n’avait même pas connaissance.

Le dessin peut paraître très classique, très proche du trait de Hergé ou d’autres grands auteurs de la bande dessinée traditionnelle franco-belge. Ce n’est pas gênant, bien au contraire, le dessin est soigné, il regorge de détails. C’est un plaisir d’observer ces planches, de découvrir l’architecture de Varsovie. Le découpage des planches est très cinématographique et surtout les expressions faciales des personnages sont très bien rendues, une véritable réussite !

Rutu Modan signe un très beau roman graphique qui parle de filiation et de mémoire avec beaucoup de subtilité.

Lisa

 

 


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L’échange – Brenna Yovanoff

Résumé éditeur :
Mackie Doyle donnerait n’importe quoi pour avoir une vie normale, jouer de la basse et passer du temps avec Tate Stewart, cette fille solitaire aux yeux pailletés. Mais la petite ville de Gentry cache de sombres secrets. Il y a 16 ans, Mackie a été échangé contre un nouveau né : il est un « remplaçant ». Il vient en fait d’un monde terrifiant ù d’obscurs tunnels côtoient des eaux noires et pestilentielles…
Lorsque ceux qu’il aime sont menacés, Mackie n’a pas le choix : il doit affronter les créatures des entrailles de Gentry. Un combat à mort pour trouver enfin sa place, dans notre monde… ou dans le leur.

Mon avis :

Édité en France aux éditons Michel Lafon (éditeur plutôt orienté public adulte), ce roman est vraiment destiné à un public grands ados, jeunes adultes. C’est d’ailleurs pour cela que je l’ai lu, en espérant qu’il me plaise et pouvoir le présenter à des classes de lycée. Pour le coup mon sentiment est plutôt mitigé.

J’ai beaucoup apprécié l’ambiance générale du roman. Mackie est un garçon différent des autres qui se pose énormément de questions sur ses origines et sur la ville qui l’entoure. Dès le début du roman, le lecteur sent l’atmosphère pesante et trouble de la Gentry, Mackie ne devrait pas être le seul à s’inquiéter des événements tragiques qui se déroule dans la petite ville. Son inquiétude, des interrogations, ses états d’âmes sont très bien décrits, je me suis vite mise dans sa peau.

Par contre j’ai trouvé que l’intrigue mettait beaucoup de temps à se mettre en place. Trop de temps même. J’aurai aimé entrer plus vite dans le vif du sujet, pour découvrir plus rapidement le bestiaire qui entoure Malcolm. Ici les révélations tardent à arriver et l’auteur ne prend pas le temps d’approfondir le mythologie des créatures. Je suis donc restée un peu sur ma faim. J’ai eu du mal à rentrer dans le roman, par contre j’aurais aimé que la dernière partie soit plus longue ! C’est un peu paradoxal, non ? Moins d’errements, plus d’actions !

En bref, je dirai que pour apprécier ce roman, il ne faut pas en attendre trop de profondeur, seulement un récit d’adolescence, un peu de fantastique, et un bestiaire riche mais à peine effleuré.

Lisa

 


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Un thé pour Yumiko – Fumio Obata

Résumé éditeur :
Quand elle apprend la mort de son père, Yumiko, jeune graphiste londonienne, doit partir au Japon pour assister à la traditionnelle cérémonie des obsèques. Le voyage au pays de ses origines, jusque dans la ville où elle est née et a grandi, se révèle une succession d’émotions contradictoires et bouleversantes. Qui est-elle devenue loin de chez elle ?

Mon avis :

J’ai lu cette bande dessinée un peu par hasard… La couverture me plaisait bien, je me suis laissée tenter !

La première chose qui m’a plu ici c’est le traitement doux et délicat de sujet parfois difficile à aborder. Yumiko aime sa famille, aime son pays, sa culture mais elle l’a quitté pour faire des études à Londres et pouvoir accéder à des rêves qu’elle n’aurait pu atteindre au Japon. Et c’est de cela qu’il est question au fil des pages. Le décès de son père pousse la jeune femme à revenir sur ses pas, à réfléchir au raison de son départ et à la complexité de ce qui la relie à son pays.

Le thème du deuil est évoqué avec pudeur et simplicité. Les réactions des différents membres de la famille sonnent juste. le personnage de Yumiko est attachant, ses questionnements relativement universels, ne s’appliquent pas seulement aux émigrants. Fumio Obata ne donne pas de réponses toutes faites aux errements de son personnage et laisse a chacun le soin de pousser la réflexion plus loin. Le parallèle fait par l’auteur entre les doutes de Yumiko et l’art japonais du Nô m’a donnée envie d’en savoir plus sur ce théâtre oriental.

Tout le propos de la bande dessinée est mis en valeur par un dessin délicat aux couleurs douces. Le trait est précis et pleins de détails.

Voilà une bande dessinée sans prétention, dont délicatesse et pudeur sont les maître-mots. Une belle réussite pour un deuxième album.

Lisa

 


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Big easy – Ruta Sepetys

Résumé éditeur :
Années 50 à La Nouvelle-Orléans. Josie Moraine, 17 ans, n’a pas tiré le gros lot. Fille d’une prostituée qui n’a rien d’une mère attentionnée, elle grandit dans une maison close du Quartier français, celui de la mafia, des affaires louches et des gens sans avenir. Pourtant, Josie a un rêve : quitter cette ville, surnommée The Big Easy et pourtant si peu « easy », pour entrer à Smith, prestigieuse université du Massachusetts.
Impliquée dans une histoire de meurtre, dépouillée par sa mère et endettée, tout pousse la jeune fille à suivre, elle aussi, la voie de l’argent facile. Mais Jo vaut mieux que cela… et ceux qui l’aiment le savent bien.
Big easyCliquez sur la couverture pour lire
un extrait…

Mon avis :

Ce qui m’a attiré en premier lieu, c’est la couverture, illustrée d’une jolie photo. Puis le résumé m’a fait de l’œil… Puis je l’ai ouvert… et plus lâché…

Josie a 17 ans, fille de prostituée, de père inconnu, et prise en charge par la Ma’am d’une maison close. Elle vit dans une petite chambre au-dessus de la librairie des Marlowe, où elle travaille depuis plusieurs années. Elle fait le ménage dans la maison des filles de joie, et surtout, aspire à autre chose…
Un étranger va croiser sa route, souhaitant acheter dans la librairie quelques ouvrages. Il la marquera tant, qu’elle va l’ajouter à sa liste de père idéal. Elle apprendra le lendemain qu’il a été retrouvé mort. Une crise cardiaque ? Elle en doute. Et si sa mère et son peu recommandable petit ami y était pour quelque chose ? Elle essaie de découvrir la vérité en raccrochant les quelques pièces du puzzle dont elle dispose.

Ruta Sepetys signe ici un merveilleux roman, que dis-je, un sublime roman ! De nombreux sujets y sont abordés de manière fine et délicate : l’homosexualité, la différence, la famille, l’amitié, l’amour, la confiance, et j’en passe et des meilleures !

Sur fond de mafia et de petites frappes, Josie essaie de sortir de son quotidien, rêve d’intégrer une grande université. Sa route est parsemée de choix à faire, bons ou mauvais . Elle apprend que la vie peut vraiment être compliquée, surtout quand on a 17 ans et qu’on vit dans le quartier français à la Nouvelle Orléans. Ses amis, tous très différents (fils d’écrivains, prostituées, jeune fille de bonne famille,etc.) vont l’aider, chacun à leur manière.

Ce roman est très bien écrit, et très bien ficelé. Il a fait parti pour moi de ces livres où lors de la lecture, on a parfois du mal à retenir de petites larmes, et lorsqu’il est terminé, on regarde bêtement la couverture, en attendant de rejoindre le réel.
Vous l’aurez compris, j’ai été transportée lors de cette lecture. C’est un énorme coup de coeur, et de loin le meilleur livre que j’ai lu ces derniers temps.

A conseiller au plus grand nombre, à partir de 14 ans, jusqu’à 117 ans !

Nath à Livres

Editeur : Gallimard jeunesse
Collection : Scripto
Octobre 2013


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C’est toi ma maman ? : un drame comique – Alison Bechdel

Résumé éditeur :

« C’est au personnage de sa mère qu’elle consacre « C’est toi ma maman ? » (allusion à un classique de la littérature enfantine US où un oisillon à peine sorti de l’oeuf pose cette question à un chien, une vache, une pelleteuse, un avion…). Comment se reconnaître dans cette femme ultra-féminine, artiste frustrée mariée à un gay honteux, qui a cessé de toucher et d’embrasser sa fille dès qu’elle a eu sept ans ? Une fois encore, c’est dans le lacis complexe de sa généalogie que Bechdel promène son intelligence et son ironie au laser, à la recherche des sources de son homosexualité.
Comme dans le premier livre, qui convoquait Proust et Joyce, c’est autour des figures iconiques de Virgina Woolf, du psychanalyste Donald Winnicott et du célèbre Dr Seuss, que se construit cette quête tragi-comique sur la difficulté d’être l’enfant de quelqu’un et de se bâtir, envers et contre tout, une vie amoureuse harmonieuse. »

Mon avis :

Merci à Babelio et aux éditions Denoël pour cette BD reçu dans le cadre de Masse critique.

J’étais au départ très enthousiaste à l’idée de lire cette bande dessinée, en effet j’aime les BD autobiographiques, j’aime quand les auteurs se plongent sur leurs propres vies pour en tirer un récit. Malheureusement, « C’est toi ma maman » m’est tombé des mains à de nombreuses reprises.

Plus que de l’histoire d’une relation mère/fille, thème déjà vu mais toujours intéressant puisque universel, le propos de l’auteur se perd dans ses réflexions psychanalytiques. Impossible pour moi de lire cette BD sans être concentrée à 100% et encore même là, la lecture n’est pas plaisante.

Le sous-titre reste pour moi un mystère, drame pourquoi pas (quoique…) mais comique pas du tout ! Ou en tout cas je suis vraiment passée à côté.  Bien sur, il y a des questionnements profonds sur l’identité, la filiation, mais tout cela est traité de manière trop obscure, trop poussée pour moi. Je n’ai pas ressentie d’émotions en lisant ce titre, et c’est dommage parce que c’est en grande partie ce que je recherche en lisant un récit autobiographique, partager des émotions avec l’auteur.

Le dessin à la ligne claire est par contre intéressant, les planches sont belles, malheureusement ce n’est pas suffisant pour moi. J’aurai finalement mis plusieurs mois à en venir à bout, dommage pour un ouvrage qui m’inspirait vraiment !

Lisa


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Une dernière chance – Seita Parkkola

Résumé éditeur :
Elève difficile, Viiima est envoyé à l’Ecole de la Dernière Chance, véritable centre de redressement où il doit renoncer à tout. Mais que signifie le marquage des élèves ? Et cette rumeur sur une galerie de masques ? La lutte captivante d’un garçon ordinaire contre un pouvoir magique et tyrannique.

une-derniere-chanceMon avis :

Viima a 13 ans. Il a des dreadlocks, fait du skate, graffe un peu, sèche les cours, parfois. Il lui arrive de prendre le train, sans destination précise, juste comme ça.
Ses parents sont séparés. Sa maman crée des robes de mariée, qu’elle vend tant bien que mal. Son papa est cuisinier. Sa belle-mère est conseillère principale d’éducation à l’école de la dernière chance.
Dans cette école, des règles drastiques sont mises en place pour essayer de « sauver » les élèves difficiles. La délation y est de vigueur, la surveillance rapprochée aussi. Les adultes enferment les élèves dans un moule, en utilisant des méthodes plus que douteuses.
C’est dans cette école que la belle-mère de Viima va convaincre ses parents biologiques de l’inscrire. Son skate y est confisqué tout de suite, on lui impose une petite amie qui surveillera ses faits et gestes. On l’empêche, ainsi que tous les autres élèves, de s’exprimer, en gros, d’être lui-même.
Ce qui est étrange, c’est qu’au coeur de cette école aucun élève ne semble être lui même. Que se passe-t-il réellement dans cet établissement ? Pourquoi tous ces jeunes ados semblent des êtres sans vie, sans compassion, sans personnalité propre ?  Et ces masques, rangés dans la réserve, ces masques qui semblent vivants, à quoi servent-ils ? …
C’est ce que Viima va essayer de découvrir avec ses amis les brigands, les enfants des rues, ceux qui sont libres, ceux qui ont fuit.

Ce roman évoque de nombreux sujets délicats : la liberté d’être soi-même, d’expression, de penser. Finalement, la liberté au sens large. Mais aussi et surtout les relations adultes/enfants. La notion de révolte pour défendre ses idées est également fortement présente : au travers de la réaction d’une poignée d’enfants face au diktat des adultes. Le fait que l’auteur ne nous situe jamais le lieu géographique, ne nous donne jamais d’indice, rend toutes ces problématiques encore plus universelles.

J’ai dévoré ce roman. L’écriture est claire, et simple. Le narrateur, Viima, est très attachant. l’auteur a décidé qu’il s’adresserait directement à nous, créant un lien particulier. Puis toutes les questions que ces ados se posent, je pense que nous nous sommes tous posées les mêmes à un moment. Ce roman est profondément humain, sous la noirceur ambiante et la violence des adultes.
Une dernière chance a eut la pépite du roman ado européen 2011 (ce qui ne m’étonne pas hein).

A lire A-B-S-O-L-U-M-E-N-T !

Nath à Livres

Editeur : Actes sud junior
Collection: Romans ado
Février 2011


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Chroniques des ombres – Pierre Bordage

Résumé éditeur :

Après la guerre nucléaire, une pollution mortifère a confiné une partie de la population mondiale dans des mégapoles équipées de purificateurs d’air. Les capitales sont regroupées en Cités Unifiées : la plus importante, NyLoPa, réunit New York, Londres et Paris. La sécurité est assurée par une armée suréquipée de super détectives, les fouineurs. Soudain, dans toutes les villes et en quelques minutes, des centaines de meurtres sont perpétrés par d’invisibles assassins, les Ombres. On soupçonne la secte de la Fin des Temps d’en être à l?origine, mais l’enquête menée par les fouineurs va les plonger dans un enchevêtrement de complots et de luttes de pouvoir. Ils vont être entraînés hors des cités, dans le « pays vague », lieu de tous les dangers.

Mon avis :

J’ai reçu ce livre grâce à Babelio et Au diable Vauvert, merci à eux !

Déjà ce qu’il faut savoir c’est que Pierre Bordage est un des auteurs que j’apprécie le plus et depuis le plus longtemps. C’est aussi l’un des seuls dont je puisse dire que j’ai lu tous les livres. Voilà ça plante le décor quand à mon état d’esprit au moment où j’ai commencé ma lecture !

J’étais d’autant plus enthousiaste qu’au départ « Chroniques des ombres  » était paru sous la forme d’une série au format MP3, en 2008. Même si je n’avais pas écouté l’histoire dans sa totalité, j’étais bien convaincue que le début en serait palpitant ! Et quel plaisir après 4 ans de se retrouver enfin avec ce pavé dans les mains et une histoire entière.

Contrairement à ce que pourrait laisser penser la quatrième de couverture, l’histoire n’est pas centrée sur la vie dans les cités, puisque la narration est divisée en deux. Le lecteur suit le destin de deux personnages, d’un coté Ganesh, fouineur dans la cité de NyLoPa, et de l’autre Naja, jeune horcite vivant dans la « ville » de Trois Aubes. Un chapitre leur est consacré tour à tour, et à la manière d’un feuilleton d’antan, vous pouvez être sur que chaque chapitre laisse le lecteur en plein suspense.

Comme de nombreux autres romans de l’auteur (Wang, la Trilogie des prophéties ou Les derniers hommes), Pierre Bordage nous parle d’un avenir possible pour notre planète et pour l’humanité. Chroniques des ombres traitent donc de thèmes qui lui sont chers et qui sont récurrents dans son oeuvre (pour mon plus grand plaisir donc!). L’Humanité dans sa soif de grandeur ne va-t-elle pas se perdre ? Tout perdre ? L’abandon des individualités ne nous mène-t-il pas à notre perte ? Des questions que l’on retrouvait déjà dans Les guerriers du silence.

Je n’ai pas un point de vue très positif sur l’humanité qui m’entoure (quelle prétention dites donc!), mais les romans de Pierre Bordage, malgré leur noirceur parfois, sont toujours là pour m’apporter de l’espoir et un peu de foi en l’Homme. Ces romans me rappellent que personne ne doit baisser les bras, qu’il suffit parfois d’un seul individu pour renverser une situation qui semble sans issue.

Clairement, je n’ai pas été surprise par ces Chroniques des ombres, mais l’auteur, comme chaque fois, m’emporte auprès des ces héros. Pendant toute ma lecture j’ai vécu avec Ganesh, j’ai tremblé avec Naja, et même au bout de 750 pages, la nostalgie était bien là au moment de refermer ce livre. La narration est superbe, les événements s’enchaînent avec fluidité d’un bout à l’autre.

Encore une fois, le grand conteur qu’est Bordage m’a conquise, et comme des ces autres romans, je me souviendrai pendant longtemps de cette lecture… et surtout il y a de grandes chances que j’aille y remettre le nez dans les mois à venir !

Lisa

Mes autres critiques de romans de Pierre Bordage : Porteurs d’âmes, Mort d’un clone, L’évangile du serpent


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Psycho-killer – Anonyme

Résumé éditeur :
Tout semble paisible à B Movie Hell, 3672 habitants. Jusqu’au jour où un tueur mystérieux portant un masque en forme de crâne, surmonté d’une crête iroquoise rouge, se mette à assassiner tranquillement certains des habitants de la ville. Le FBI confie l’affaire à un couple d’enquêteurs, Milena Fonseca et Jack Munson, surnommé le Fantôme, spécialiste des opérations clandestines. Bientôt de mystérieux liens apparaissent entre cette terrifiante série de meurtres et un projet top secret du Département d’État, l’opération Blackwash. Alors que la paranoïa s’empare de la ville, la collaboration entre le FBI et les autorités locales s’annonce difficile. Les habitants de B Movie Hell, bien décidés à garder leurs nombreux secrets, entendent en effet résoudre seuls et sans aide extérieure cette histoire aussi terrifiante qu’énigmatique.

Anonyme-Psycho-GrisMetalMon avis :

Lorsque j’ai vu ce roman attendre sur les étagères, je me suis précipitée pour l’emprunter ! J’avais effectivement lu avec plaisir Le livre sans nom, ainsi que L’oeil de la lune, il y a quelques années. J’avais adoré l’univers décalé, foufou de l’auteur.

Alors c’est avec plaisir que j’ai entamé cette nouvelle aventure. L’auteur (anonyme, n’est-ce pas) signe ici, encore une fois, un polar complétement déjanté, où les événements se suivent et ne se ressemble pas. De nombreuses références sont faites à divers films et séries. L’héroïne est fan de Dirty dancing et se fait appeler Bébé, le tueur porte un masque en caoutchouc et est affublé d’une veste en cuir rouge. On retrouve des agents sous couverture, courant après un meurtrier, sans connaître la réelle raison de leur mission. Les points centraux du livre sont un bordel, un diner au bord d’une route, un asile…
Rien de très original finalement. Nous avons déjà rencontré tous les personnages sur d’autres mediums (télévision notamment). Pareil pour les lieux clés, et les situations dans lesquelles se mettent les différents personnages principaux. Ils sont tous prévisibles, sans surprise.

Je me rends compte que je n’en fais pas un portrait forcément très alléchant, mais malgré tout cela, j’ai passé un bon moment. Mon jugement est sévère, mais la raison principale de ma petite déception est que je n’avais pas les bonnes références pour pouvoir comprendre les références.

Nath à livres